A Tunis, Kofi Annan plaide pour la liberté de l'information et l'accès aux technologies pour tous

16 novembre 2005

Les technologies au service du développement des plus pauvres et la liberté de l'information ont été au centre du message lancé, aujourd'hui, par Kofi Annan, à l'ouverture du Sommet de Tunis, où il a proposé l'assistance des Nations Unies pour une coopération internationale accrue dans la gouvernance de l'Internet.

Ce Sommet « doit déboucher sur de nouvelles utilisations des technologies de l'information et des communications qui procureront de nouveaux avantages à toutes les classes sociales. Il doit surtout donner une nouvelle impulsion au développement des économies et des sociétés des pays pauvres et à l'amélioration des conditions de vie des personnes démunies », a aujourd'hui déclaré le Secrétaire général à l'ouverture du Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) qui se tient à Tunis jusqu'au 18 novembre.

« La société de l'information, a relevé Kofi Annan, est une société dans laquelle toutes les potentialités de l'être humain sont libérées, cultivées et valorisées grâce à l'accès aux outils et aux technologies, ainsi qu'à l'éducation qui permet de les utiliser de manière plus efficaces ».

« Les obstacles sont, en l'occurrence, de nature politique plus que financière », a-t-il insisté, rappelant qu'il est possible de réduire le coût des connexions, des ordinateurs et des téléphones mobiles.

Mais la société de l'information est « impensable sans liberté », a affirmé le Secrétaire général.

« C'est la liberté qui permet aux habitants de tous les pays de tirer parti des connaissances, aux journalistes de faire leur métier et aux citoyens de demander des comptes à leurs gouvernements. Sans transparence, sans le droit de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit, la révolution de l'information fera long feu et la société de l'information que nous souhaitons bâtir ne verra jamais le jour », a insisté Kofi Annan.

Le Secrétaire général s'est par ailleurs tourné vers la gouvernance de l'Internet, pour l'instant assurée par l'ICANN [Internet Corporation for Assigned Names and Numbers].

L'ICANN est à ce jour une organisation à but non lucratif de droit américain, dont la compétence est mondiale et dont les décisions s'imposent de fait aux Etats, alors même que le département du Commerce américain exerce un droit de veto sur ses décisions.

La société de l'information repose aussi « sur des réseaux », a expliqué le Secrétaire général. « L'Internet est le fruit d'une collaboration inédite et gigantesque et ne peut fonctionner que sur la base d'une telle collaboration », a-t-il rappelé, plaidant pour la promotion d'un « esprit de coopération entre les gouvernements, le secteur privé, la société civile et les organisations ».

Il a souligné à cet égard que les Nations Unies étaient prêtes à aider les Etats Membres à appliquer les décisions prises à l'égard de la gouvernance de l'Internet.

« Mais je tiens à préciser, pour éviter tout malentendu, que l'ONU ne souhaite pas prendre le contrôle de l'Internet, le policer ou le règlementer de toute autre manière ».

« Les Etats-Unis méritent notre gratitude pour avoir développé l'Internet et l'avoir mis à la disposition du monde entier. Ils ont assumé leurs responsabilité de manière honnête et honorable en matière de supervision », a-t-il observé, ajoutant qu'il pensait que tous Etats convenaient « qu'il faut confier à des institutions techniques le soin de la gestion courante de l'Internet, ne serait-ce que pour le mettre à l'abri des passions de la vie politique quotidienne ».

« Je pense que vous serez également unanimes à reconnaître la nécessité d'une plus grande participation internationale aux débats sur les questions relatives à la gouvernance de l'Internet », a souligné le Secrétaire général.

 

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