L'Union africaine demande au Conseil de sécurité d'endosser son plan pour la Côte d'Ivoire

14 octobre 2005

L'Union africaine a demandé hier au Conseil de sécurité d'endosser les décisions prises lors du sommet d'Addis-Abbeba, qui prévoient notamment le maintien au pouvoir du président Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire après le 30 octobre, en l'absence de la tenue des élections présidentielles prévues, et la nomination d'un Premier ministre « acceptable pour tous ».

Au cours d'une réunion publique sur la situation en Côte d'Ivoire qui s'est tenue hier au Conseil de sécurité, le ministre des affaires étrangères du Nigéria, Oluyemi Adeniji, dont le pays assume la présidence de l'Union africaine (UA), a demandé au Conseil de sécurité d'endosser les décisions prises le Conseil de la paix et de la sécurité de l'UA, le 6 octobre dernier à Addis-Abeba en Ethiopie.

Les résultats du sommet d'Addis-Abeba ont été largement influencés par les recommandations de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui s'était réunie le 30 septembre dernier pour décider de la marche à suivre après le 30 octobre en Côte d'Ivoire, a précisé Oluyemi Adeniji.

Le Conseil de la paix et de la sécurité de l'UA a décidé que le Président Gbagbo resterait chef d'État après le 30 octobre, pendant une période de 12 mois au maximum, a indiqué Said Djinnit, Commissaire de l'Union africaine

Le Conseil de l'UA prévoit qu'un premier ministre, considéré comme acceptable pour l'ensemble des parties signataires des Accords de Linas-Marcoussis, soit nommé. Le gouvernement qu'il dirigera sera composé de personnalités proposées par les parties ivoiriennes signataires des Accords de Linas-Marcoussis, a-t-il poursuivi.

Les arrangements agréés lors des Accords de Linas-Marcoussis resteraient donc en vigueur pour cette période.

Les décisions de l'UA prévoient aussi la convocation d'un forum pour le dialogue national, qui sera ouvert à l'ensemble des membres de la société civile et coprésidé conjointement par le président du Nigeria et par le président de l'Afrique du Sud.

Après Oluyemi Adenijin et Said Djinnit, Pierre Schori, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Côte d'Ivoire et Philippe Djangone-Bi, Représentant de la Côte d'Ivoire aux Nations unies, ont pris la parole.

Tout arrangement lié à la période postérieure au 30 octobre, doit prévoir un calendrier réaliste pour la mise en œuvre de l'Accord et de la Déclaration de Pretoria du 6 avril et du 29 juin 2005, a déclaré Pierre Schori.

Il devra également prévoir le renforcement par les forces impartiales et les autorités nationales des garanties de sécurité pour faciliter l'accès humanitaire, la liberté de mouvement et le déroulement des campagnes électorales, a dit encore le Représentant du Secrétaire général.

Il devra également prévoir l'établissement d'un lien explicite entre le travail des futurs mécanismes de contrôle et de surveillance et l'imposition de sanctions ciblées contre ceux qui font obstacle au processus de paix, incitent à la haine et à la violence et violent les droits de l'homme, a-t-il ajouté.

Rappelant qu'il était maintenant certain que les élections en Côte d'Ivoire n'auraient pas lieu comme prévu le 30 octobre prochain, le Secrétaire général avait appelé, dans son dernier rapport sur l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) publié le 29 septembre, au rétablissement de la Commission électorale indépendante.

« Les obstacles à la tenue d'élection libres, justes et transparentes en Côte d'Ivoire demeurent conséquents », avait indiqué le Secrétaire général.

Le Secrétaire général avait aussi appelé le Conseil de sécurité à prendre des sanctions ciblées contre les individus qui entravent le processus de paix et notamment celles envisagées dans la résolution 1572 - gel des avoirs et interdictions de voyager pour les sanctions individuelles (voir notre dépêche du 29 septembre 2005).

Dans une déclaration à la presse, le Conseil de sécurité de sécurité avait annoncé, le 22 septembre dernier, que son Comité des sanctions concernant la Côte d'Ivoire se rendrait prochainement dans le pays – le 17 octobre - afin de désigner les personnes qui font peser une menace sur le processus de paix et qui pourraient être visées par les sanctions prévues.

Voir l'ensemble des déclarations de la réunion d'hier dans le communiqué de presse de l'ONU.

 

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