PNUE : le stockage du CO2 pourrait être à terme une arme efficace contre le changement climatique

27 septembre 2005

Le « piégeage », c'est-à-dire le stockage sous terre du dioxyde de carbone (CO2) émanant des centrales électriques et des usines, pourrait contribuer dans une large mesure à limiter les changements climatiques, indique l'agence des Nations Unies pour l'environnement, qui cite pour l'heure plusieurs obstacles techniques et politiques.

« Si l'efficacité énergétique et des sources d'énergie plus propres demeurent la solution la plus adéquate au problème du changement climatique », le nouveau rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) « démontre que le piégeage et le stockage du dioxyde de carbone peuvent constituer une mesure complémentaire », a déclaré Klaus Töpfer, directeur du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), dans un communiqué publié aujourd'hui à Montréal.

Conclusion partagée par le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale (OMM), Michel Jarraud, qui a estimé primordial d'exploiter toutes les possibilités de limiter l'impact du CO2 sur le climat mondial, notamment son stockage dans des gangues souterraines, y compris celles desquelles le pétrole a été pompé.

« Selon diverses études, les technologies qui seraient mises en œuvre dans ce contexte pourraient abaisser de 30 % ou plus le coût de la lutte contre les changements climatiques », indique l'agence des Nations Unies, qui estime que « le piégeage et le stockage du CO2 dans des formations géologiques pourraient représenter 15 à 55 % de la totalité des réductions d'émissions requises - entre 220 et 2 200 gigatonnes de CO2 - d'ici à 2100 pour pouvoir stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ».

Plusieurs aspects « des techniques de piégeage et de stockage du dioxyde de carbone, qui permettent de piéger ce gaz, de l'acheminer dans des canalisations et de l'injecter dans des formations géologiques dans le cadre de plusieurs applications » sont déjà au point.

« Trois projets de ce type sont déjà opérationnels en Algérie, au Canada et dans la mer du Nord, au large de la côte norvégienne. Le piégeage du CO2 produit par les grandes centrales électriques devra faire l'objet de nouvelles démonstrations dans les années voire les décennies à venir. Quant aux autres applications envisageables, telles que le stockage du CO2 dans l'océan ou sa fixation dans des carbonates stables, elles en sont encore au stade expérimental », indique le communiqué.

Le piégeage et le stockage du CO2 pourraient toutefois se heurter à d'importants obstacles qui ne sont pas de nature technique, indique le rapport cité par le PNUE.

Par exemple, tant que les gouvernements n'auront pas adopté des politiques de lutte contre les changements climatiques qui pénalisent les émissions de CO2, les différents acteurs ne seront pas incités à recourir aux techniques en question.

Outre les considérations d'ordre technique et financier, le PNUE cite des questions relatives à la santé, à la sécurité et à l'environnement ainsi que les aspects juridiques.

Les risques potentiels sont les suivants : fuites lors du piégeage, du transport et de l'injection du CO2 et fuites lentes émanant des sites de stockage.

Le rapport spécial du GIEC sur le piégeage et le stockage du dioxyde de carbone a été rédigé par une centaine d'experts venant de plus de 30 pays et révisé par un grand nombre d'experts et de gouvernements.

Répondant à la demande faite par les Parties à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), dont fait partie le Protocole de Kyoto, ce rapport fait le point sur les études les plus récentes consacrées à cette question dans des revues scientifiques et techniques du monde entier. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat a été créé en 1988 sous les auspices de l'OMM et du PNUE.

La température moyenne sur terre a augmenté de 0.6 degrés Celsius depuis la fin des années 1800. On s'attend à ce qu'elle continue d'augmenter de 1.4 à 5.8 degrés d'ici à l'an 2100 - ce qui constitue un rapide et profond changement. Même si la prédiction minimale venait à se produire, elle serait supérieure à toute autre tendance sur 100 ans au cours des 10 000 dernières années, rappelle le site de la CCNUCC.

« Les principales raisons de cette montée de température sont un siècle et demi d'industrialisation avec: la combustion de quantités de plus en plus élevées de pétrole, d'essence et de charbon, la coupe des forêts ainsi que certaines méthodes agricoles. Ces activités ont augmenté les quantités de "gaz à effet de serre" dans l'atmosphère, en particulier le dioxyde de carbone (CO2), le méthane et l'oxyde nitreux ».

Par ailleurs, le niveau de la mer a augmenté de 10 à 20 cm au cours du 20ème siècle et une hausse supplémentaire de 9 à 88 cm est prévue d'ici l'an 2100.

L'expansion du volume des océans et la fonte des glaciers et des calottes glaciaires pourraient entraîner le débordement de zones côtières fortement peuplées de pays tels que le Bangladesh, causant ainsi la disparition de nations entières - tel que l'archipel des Maldives -, polluant l'eau potable de milliards de personnes et poussant à des migrations massives.

 

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