Dépasser les objectifs du Protocole de Kyoto, exhorte le Directeur du PNUE

Dépasser les objectifs du Protocole de Kyoto, exhorte le Directeur du PNUE

Carte de la couche d'ozone, PNUE
A l'occasion de l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, le Directeur de l'agence de l'ONU pour l'environnement a appelé la communauté internationale à agir au plus vite pour dépasser les objectifs de Kyoto car, selon lui, le Protocole ne suffira pas pour protéger le climat, réduire le risque des catastrophes naturelles et assurer la stabilité de l'environnement.

Dans un communiqué publié mercredi 16 février à l'occasion de l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, Klaus Toepfer, Directeur du Programme des Nations Unies pour l'environnement(PNUE), a appelé la communauté internationale « à agir rapidement pour dépasser Kyoto » et rappelé qu«'il fallait diriger les efforts vers une réduction de 60% des émissions de gaz à effet de serre » pour « protéger le climat, réduire le risque des catastrophes naturelles, assurer la stabilité de l'environnement et atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement ».

« Il y a ceux qui, à l'arrière de la salle, interrompent en criant que sans la signature des Etats-Unis, le Protocole est plus mort que vivant », s'est exclamé Klaus Toepfer.

« Mais alors que le gouvernement américain a décidé de dire non au traité de Kyoto, de nombreux Etats des Etats-Unis adoptent ou prévoient d'adopter des mesures de réduction des gaz à effet de serre qui vont dans le même sens que le Protocole », a-t-il indiqué avant d'ajouter que de nombreuses entreprises américaines s'étaient aussi mobilisées et que le gouvernement américain lui-même avait décidé de promouvoir des technologies pour arriver à un meilleur rendement énergétique et les énergies renouvelables.

« Avec le baril de brut à plus de 50 dollars (…), la recherche de nouvelles sources d'énergie et celle du rendement énergétique devient très alléchante, d'un simple point de vue économique et énergétique », a-t-il fait remarquer.

Klaus Toepfer s'est aussi félicité du fait que l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto survenait en cette année où régnait une « dynamique prometteuse » avec notamment la publication du rapport du Groupe de personnalités de haut niveau, « Un monde plus sûr : notre affaire à tous », qui souligne « l'importance des changements climatiques » et celle du rapport de Jeffrey Sachs, « Plan pratique pour réaliser les objectifs du Millénaire » , qui démontre clairement que « l'environnement est une pierre angulaire de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement ».

Le fait que le Premier ministre britannique Tony Blair fasse des changements climatiques et du développement en Afrique les deux priorités du G8 et de l'Union européenne, dont il a la présidence cette année, et l'organisation du Sommet sur la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement qui se tiendra à New York en septembre prochain, sont selon lui des éléments clés de cette dynamique.

« Nous devons donc profiter de cette mobilisation politique sans précédent pour nous efforcer de dépasser les objectifs et calendriers du Protocole de Kyoto », a souligné Klaus Toepfer.

« Nous disposons aussi de nouveaux savoirs qui devraient encourager les leaders encore indécis à aborder la question des réformes nécessaires pour que la planète bénéficie d'un taux réduit d'émissions de gaz carbonique », a espéré Klaus Toepfer.

« Le Panel intergouvernemental sur les changements climatiques (IPCC), le corps scientifique qui conseille les gouvernements et qui a été établi par le PNUE et l'Organisation Météorologique Mondiale, a conclu il y a quelques années que les températures mondiales risquaient de s'accroître de 5.8 degrés Celsius d'ici 2100 si rien n'est fait ».

« Un rapport, lancé aussi il y a quelques semaines par le Groupe international d'action sur les changements climatiques, une alliance entre trois groupes de réflexion basés aux Etats-Unis, en Australie et en Grande-Bretagne, prétend que même une augmentation de 2 degrés Celcius peut conduire la planète au-delà du point de non retour ».

De même, « un rapport qui sera lancé lors de notre Conseil d'Administration montre que le réchauffement global serait déjà en train de modifier les modèles de circulation océanique, avec des conséquences climatiques à l'échelle globale et régionale ».

De son côté, le Secrétaire général a appelé aujourd'hui les Etats qui n'y sont pas encore parties à adhérer au Protocole et la communauté internationale dans son ensemble à progresser vers la prochaine étape, car Kyoto seul ne résoudra pas les problèmes du changement climatique (voir notre dépêche d'aujourd'hui).

« Le 16 février 2005 marque le début d'une nouvelle ère dans les efforts internationaux pour réduire les risques liés aux changements climatiques », avait déclaré pour sa part Joke Waller-Hunter, Secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques(CCNUCC) (voir notre dépêche du 15 février 2005).

Avec l'entrée en vigueur mercredi du protocole de Kyoto, 35 pays industriels sont désormais tenus légalement de réduire d'ici 2012 leurs rejets de gaz à l'origine du changement climatique.

Il s'agit essentiellement du Japon, des pays membres de l'Union européenne, du Canada et de la Russie. Les Etats-Unis ne sont pas partie au traité.