R. D. du Congo : le Conseil de sécurité maintient l'embargo sur les armes en Ituri et dans les Kivus

29 juillet 2005

Alors que les groupes armés dans l'Est de la République démocratique du Congo continuent de semer la terreur, la dimension économique du pillage des ressources naturelles, au profit notamment du Rwanda et de l'Ouganda, continue de fournir la clef de leur présence et justifie la décision adoptée aujourd'hui par le Conseil de sécurité de maintenir l'embargo sur les armes dans ces régions du pays.

« Prenant note du rapport du Groupe d'experts sur la République démocratique du Congo, le Conseil de sécurité a décidé ce matin de reconduire jusqu'au 31 juillet 2006 l'embargo sur les armes imposé par sa résolution 1493 », indique un communiqué de presse de l'ONU.

Par sa résolution 1616 (2005) adoptée à l'unanimité, le Conseil de sécurité constate que la situation en RDC continue de faire peser une menace sur la paix et la sécurité internationales dans la région.

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, qui autorise le recours à la force, il réaffirme notamment que toutes les parties, autres que les unités de l'armée et de la police de la RDC qui auront achevé leur intégration, qui disposent de capacités militaires dans l'Ituri, dans le Nord-Kivu ou le Sud-Kivu, devront aider le Gouvernement d'unité nationale et de transition à mettre en œuvre ses engagements en matière de désarmement et de réinsertion des combattants étrangers et congolais.

Les mesures qui sont reconduites concernent l'interdiction de la fourniture ou de la vente, par voie terrestre, aérienne, maritime ou fluviale, de la fourniture, d'armes, de matériels connexes, d'assistance ou de formation, à tous les groupes armés et milices, qu'ils soient étrangers ou congolais, opérant dans le territoire du Nord et du Sud-Kivu et de l'Ituri.

À cette fin, le Conseil prie le Secrétaire général de rétablir le Groupe d'experts sur la République démocratique du Congo dans les 30 prochains jours pour une période expirant le 31 janvier 2006.

En préambule de sa résolution, le Conseil ne manque pas de souligner les liens qui persistent entre la présence d'éléments armés étrangers « groupes armés et de milices dans l'est de la République démocratique du Congo, en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu et dans le district de l'Ituri, qui perpétuent un climat d'insécurité dans l'ensemble de la région » et « l'exploitation illégale des ressources naturelles, le commerce illicite de ces ressources et la prolifération et les trafics d'armes », l'un des facteurs qui alimentent et exacerbent les conflits dans la région de l'Afrique des Grands Lacs ».

Dans son rapport au Conseil de sécurité, le Groupe d'experts sur la République démocratique du Congo « fait état des entretiens que le Groupe a eus avec les Gouvernements ougandais et rwandais concernant les exportations de ressources minières dont l'or et la cassitérite ».

« En ce qui concerne l'or, le Groupe indique qu'en 2004, la RDC a exhorté 647,85 kilos de ce métal précieux pour un revenu de 7 450 000 dollars. Mais en menant une enquête en Ouganda, le Groupe d'experts a constaté que les quantités d'or en provenance de RDC exportées par l'Ouganda sur le marché international s'élèvent à 6 000 kilogrammes d'or d'une valeur de 60 millions de dollars ».

Ces exportations et ces revenus tirés du marché mondial de l'or contredisent totalement les déclarations des autorités de Kampala, qui prétendaient que l'or ougandais est une production nationale, souligne le Groupe d'expert.

Les rapports annuels des années 1994-1995 de la Banque nationale d'Ouganda indiquent en effet que la production ougandaise d'or était si insignifiante qu'elle ne méritait même pas d'être mentionnée dans les statistiques économiques du pays.

« Il est donc curieux que subitement les rapports de la même Banque se mettent à indiquer d'importantes rentrées financières provenant de ventes d'or, alors que dans le même temps, ils ne font mention ni d'exploitation nationale d'or, ni d'importations de ce métal en provenance de zones voisines », indique le Groupe d'experts.

Pour ce qui est des exportations de cassitérite par le Rwanda, le Groupe d'experts note d'abord que la RDC, producteur établi, n'a exporté en 2004 que 6 098 tonnes de ce minerai pour une valeur d'un peu plus de 5 millions.

Le rapport souligne que ce chiffre est « très inférieur aux exportations rwandaises qui, selon les chiffres fournis par le Gouvernement de ce pays, se sont élevées à plus de 15 millions de dollars en 2004 ».

 

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