Pas d'unanimité au Conseil de sécurité sur l'examen de la question du Zimbabwe

26 juillet 2005

Alors que la question du Zimbabwe ne fait toujours pas l'unanimité au Conseil, la représentante des Etats-Unis a souhaité qu'il puisse au moins entendre l'Envoyée spéciale de l'ONU qui a rendu vendredi son rapport. Pour sa part, le Secrétaire général ne se rendra pas dans le pays tant que des améliorations significatives, dont l'arrêt des démolitions, n'auront pas été constatées.

Le Président du Conseil de sécurité pour le mois de juillet, Adamantios Vassilakis de la Grèce, a indiqué ce matin lors d'un point avec la presse que le Conseil avait tenu des consultations sur le Zimbabwe, précisant qu'il n'y avait pas encore « unanimité » sur la question.

Prenant la parole à sa suite, l'ambassadrice des Etats-Unis, Anne Patterson, a indiqué que la situation au Zimbabwe était si grave qu'elle menaçait à présent la sécurité des pays voisins.

Selon elle, les personnes qui ont assisté Anna Tibaijuka, directrice de l'Agence des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) et Envoyée spéciale au Zimbabwe, dans l'élaboration de son rapport au Secrétaire général, étaient maintenant l'objet de représailles (voir, sur le rapport, notre dépêche du 22 juillet 2005).

« Ces gens sont les plus pauvres parmi les plus pauvres. Ils ont tout perdu », a-t-elle indiqué, précisant que le Conseil de sécurité devrait au moins recueillir plus d'informations et prendre des mesures.

La prochaine étape, a-t-elle indiqué, serait de faire figurer la question à l'ordre du jour du Conseil demain, précisant que certaines délégations y étaient opposées.

« En toute hypothèse, il est très important que le Conseil puisse entendre Anna Tibaijuka avant qu'elle ne quitte New York jeudi ». Le Conseil serait saisi au titre des « Autres questions », a-t-elle indiqué, à la demande du représentant du Royaume-Uni, Emyr Jones Perry.

Alors que se poursuivait aujourd'hui au Zimbabwe la destruction du plus grand bidonville du pays, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a demandé l'arrêt immédiat des opérations et l'accès aux 585.000 personnes victimes des déplacements dont 220.000 enfants, afin de pouvoir leur apporter une assistance humanitaire (voir notre dépêche d'aujourd'hui).

Interrogée sur l'absence d'unanimité sur la question, Anne Patterson a indiqué que l'action du Conseil de sécurité serait « tout à fait appropriée » compte tenu des violations massives des droits de l'homme, et que cela soulignait la nécessité de réformes en ce domaine.

Par ailleurs le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York, a rappelé qu'une visite du Secrétaire général au Zimbabwe, si elle avait été évoquée hier dans le principe, serait en toute hypothèse conditionnée à l'amélioration de la situation sur le terrain (voir notre dépêche du 25 juillet 2005).

En tout premier lieu, « le Secrétaire général ne souhaiterait pas se substituer à son Envoyée spéciale, qui a établit un rapport après une visite de deux semaines », a déclaré le porte-parole.

En outre, comme l'a indiqué Anna Tibaijuka, « il faudrait qu'un processus politique soit entamé, tel qu'un dialogue politique entre le gouvernement et d'autres parties prenantes au Zimbabwe ».

« Tout cela devrait avoir évolué de manière significative avant que le Secrétaire général n'envisage une visite », a conclut le porte-parole.

image• Retransmission du point presse du Président du Conseil de sécurité[3mins]

image• Retransmission du point presse de l'ambassadrice des Etats-Unis[5mins]

 

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