Burundi : le Conseil de sécurité salue l'accord conclu entre le Gouvernement et le Palipehutu-FNL d'Agathon Rwasa

24 mai 2005

Le Conseil de sécurité a salué hier l'engagement signé entre le Gouvernement burundais et le mouvement rebelle du Palipehutu-FNL d'Agathon Rwasa, dernier groupe à rejoindre le processus de transition dans le pays. L'accord prévoit un cessez-le-feu permanent et un engagement à négocier sans entraver le processus électoral, du 3 juin au 19 août prochain.

« Le Conseil de sécurité a pris note avec satisfaction de la déclaration signée le 15 mai 2005 à Dar es Salam par le Président burundais, M. Domitien Ndayizeye, et le chef de la rébellion du Palipehutu-FNL, M. Agathon Rwasa », en particulier « l'engagement des deux parties à cesser immédiatement les hostilités, à convenir dans le délai d'un mois d'un cessez-le-feu permanent, et à négocier sans gêner le processus électoral », a indiqué hier la Présidente du Conseil pour le mois de mai, Ellen Margrethe Løj du Danemark, dans une déclaration présidentielle prononcée hier au nom de ses 15 membres.

« Le Conseil de sécurité partage l'avis selon lequel cette déclaration est une première étape qui doit permettre aux FNL de rejoindre rapidement, et de manière négociée, le processus de transition en cours au Burundi. Il demeure convaincu que la participation des FNL à ce processus facilitera la tenue prochaine des élections, selon le calendrier confirmé lors de la dernière réunion des États membres de l'Initiative régionale pour la paix au Burundi, le 22 avril 2005 à Entebbé ».

La semaine dernière, les représentants pour le Burundi du Secrétaire général de l'ONU et de l'Union africaine ont appelé les leaders politiques à s'abstenir de tout acte de violence ou de tout acte incitant à la violence au cours de la période électorale, une étape décisive du processus de paix. Cinq élections sont prévues du 3 juin au 19 août prochain, date de l'élection présidentielle au suffrage universel indirect (voir notre dépêche du19 mai 2005).

Dans la déclaration d'hier, le Conseil appelait en outre à mettre fin au climat d'impunité au Burundi et dans la région des Grands Lacs.

Cette déclaration marque un tournant pour la rébellion du Palipehutu-FNL, d'Agathon Rwasa, condamné par le Conseil de sécurité pour avoir revendiqué le massacre, au camp de réfugiés de Gatumba, de plus d'une centaine de congolais tutsis réfugiés au Burundi (voir notre dépêche du 1er décembre 2005).

Ce massacre avait aussi conduit les dirigeants africains réunis au Sommet de Dar es-salaam, à décréter « organisation terroriste » la faction d'Agathon Rwasa (voir notre dépêche du 19 août 2005), qui figure par ailleurs sur la liste des groupes qui recrutent des enfants soldats, rassemblée dans un rapport de l'ONU sur les enfants et les conflits armés.

Le FNL est le dernier mouvement de rébellion au Burundi à accepter de s'associer au processus de transition (voir notre dépêche du 6 novembre 2003) après un accord de novembre 2003 conclu avec les Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD) de Pierre Nkurunziza.

Dans son dernier rapport sur le Burundi, le Secrétaire général estime que « le Burundi est sur la bonne voie pour devenir un pays stable et pacifique capable d'offrir un meilleur avenir à tous ses citoyens, mais le processus de réforme n'est pas encore irréversible ».

Kofi Annan appelle les partis burundais à « faire preuve de la volonté politique nécessaire pour conclure avec succès le processus de transition et assurer le respect le plus strict du nouveau calendrier électoral ».

 

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