Les obligations contenues dans la résolution 1559 ne sont pas toutes respectées, souligne Jean-Marc de la Sablière

29 avril 2005

A l'issue d'une réunion au Conseil de sécurité sur l'application de la résolution 1559 qui demande le retrait de toutes les forces étrangères du Liban, le Représentant de la France à l'ONU a souligné que les obligations contenues dans la résolution n'avaient pas été toutes respectées. Il a souhaité qu'un nouveau texte sur la question soit adopté la semaine prochaine.

Jean-Marc de la Sablière, Représentant permanent de la France aux Nations Unies, a souligné aujourd'hui que « les obligations contenues dans la résolution 1559 n'avaient pas été toutes respectées », lors d'une rencontre avec la presse, à l'issue d'une réunion qui s'est tenue au Conseil de sécurité, en présence du Secrétaire général, sur l'application de la résolution 1559 qui demande notamment le retrait de toutes les forces étrangères du Liban.

« Cependant, a noté le Représentant de la France, il y a eu des progrès significatifs dans l'application de certaines de ses dispositions ».

image• Retransmission de la déclaration du Représentant de la France[11mn]

L'ambassadeur de France a dit avoir pris note de l'annonce faite par la Syrie de l'achèvement du retrait de ses forces du Liban. Par une lettre datée du 26 avril, le gouvernement syrien a en effet indiqué au Conseil de sécurité qu'il avait mené à bien le retrait de ses troupes du Liban.

Le Secrétaire général a envoyé une équipe technique pour vérifier la réalité du retrait complet et total de toutes les troupes syriennes, matériels militaires et instruments de renseignement, a rappelé Jean-Marc de la Sablière.

« S'il est confirmé, le retrait des troupes syriennes, y compris les instruments de renseignement, signifierait un pas important vers la restauration de la souveraineté et de l'indépendance politique libanaise, qui est l'objectif final du Conseil de sécurité », a fait remarquer Jean-Marc de la Sablière.

« Mais nous n'en sommes pas encore là, le retrait doit être maintenant vérifié, et certaines des dispositions de la résolution 1559, qui n'ont pas encore été appliquées, doivent être mises en œuvre », a-t-il précisé.

« Concernant les élections, a-t-il ajouté, comme le Secrétaire général l'a dit dans son rapport, il est dans l'intérêt des Libanais de tenir les élections comme prévu. Ces élections devront être libres, crédibles et surveillées par des observateurs internationaux ».

Le Représentant de la France a terminé sa déclaration en annonçant que la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis faisaient circuler un nouveau texte sur la question. Il a souhaité que ce texte soit adopté la semaine prochaine.

Dans son premier rapport semestriel sur l'application de la résolution 1559, rendu public aujourd'hui, le Secrétaire général note avec satisfaction que les parties ont accompli d'importants progrès dans l'application de certaines des dispositions de la résolution 1559, comme la promesse du gouvernement syrien de retirer toutes ses troupes, ses moyens militaires et son dispositif de renseignement du Liban le 30 avril 2005 au plus tard, qui a commencé par le rapatriement de 4 000 hommes en Syrie et la fermeture des bureaux de renseignements syriens à Beyrouth.

Cependant, pour le Secrétaire général, au 26 avril 2005, les obligations contenues dans la résolution 1559 n'ont pas été respectées. Il note en effet qu'aucun progrès n'a été accompli pour ce qui est de l'application des autres dispositions de la résolution. Il insiste sur le respect strict de la souveraineté, de l'intégrité territoriale, de l'unité et de l'indépendance politique du Liban, placé sous l'autorité exclusive du gouvernement libanais.

De son côté, Terje Roed-Larsen, Envoyé spécial du Secrétaire général chargé de la mise en œuvre de la résolution 1559, a affirmé aujourd'hui, lors d'un exposé qu'il faisait au Conseil de sécurité, que le retrait des troupes syriennes du Liban le 26 avril marquait incontestablement une journée historique pour les peuples libanais et syrien et pour l'ensemble du Moyen-Orient (voir notre dépêche d'aujourd'hui).

L'Envoyé spécial du Secrétaire général s'est toutefois inquiété de la présence de milices libanaises et non libanaises dans le sud du pays. À cet égard, il a indiqué que les Nations Unies avaient engagé un dialogue avec les parties intéressées pour que le gouvernement du Liban puisse exercer sa souveraineté sur l'ensemble du territoire, notamment dans le sud, tout particulièrement le long de la Ligne bleue.

Tout en estimant que le retrait des forces étrangères était une condition préalable incontournable au respect de la souveraineté, l'Envoyé spécial de l'ONU a mis l'accent sur l'importance des prochaines élections parlementaires libanaises que le Premier ministre libanais s'est engagé à tenir à partir du 29 mai 2005.

La résolution 1559, adoptée le 2 septembre dernier par le Conseil de sécurité, demande à toutes les forces étrangères qui y étaient encore de se retirer du Liban. Dans cette résolution, le Conseil avait également demandé que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées. Il avait en outre soutenu l'extension du contrôle exercé par le gouvernement libanais à l'ensemble du territoire du pays et l'organisation d'élections présidentielles au Liban conformément à des règles constitutionnelles libanaises élaborées en dehors de toute interférence ou influence étrangère.

 

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