Kofi Annan appelle la Ligue arabe à soutenir le projet de convention sur le terrorisme

23 mars 2005

Présent aujourd'hui à Alger, le Secrétaire général est venu demander le soutien de la Ligue des Etats arabes aux réformes des Nations Unies présentées dans son Rapport « Dans une liberté plus grande » et à l'adoption d'une convention d'ensemble sur le terrorisme. Il a aussi offert l'aide de l'ONU pour répondre à l'appel lancé par les « hommes et femmes arabes à faire entendre la diversité de leurs voix ».

« Je sais que vous saisissez l'occasion » du 60ème anniversaire de la Ligue des Etats arabes pour « débattre de la création d'un parlement arabe et d'autres améliorations ». « Un esprit de réforme et de renouveau similaire touche l'ONU alors qu'elle célèbre également son 60ème anniversaire », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général au Sommet de la Ligue des Etats arabes qui se tient à Alger.

Kofi Annan a présenté les grandes lignes de son Rapport intitulé « Dans une liberté plus grande: vers le développement, la sécurité et les droits de l'homme pour tous » qu'il a présenté devant l'Assemblée générale lundi dernier (voir notre dépêche du 21 mars 2005).

« Nous disons souvent que l'humanité ne jouira pas de la sécurité sans justice sociale et développement. Mais nous n'agissons pas toujours comme si nous croyions réellement à la véracité de ce lien », a affirmé le Secrétaire général, précisant « qu'en matière de sécurité, le consensus faisait défaut même sur les points les plus fondamentaux ».

« Et certaines situations particulières peuvent conduire à des désaccords profonds, comme nous l'avons vu récemment, en particulier à propos de l'Iraq », a-t-il rappelé avant de plaider pour un renforcement du système collectif de sécurité.

« Et nous devons nous rassembler pour faire refluer le terrorisme. La nécessité de l'unité sur cette question devrait être particulièrement claire à nous tous ici réunis en Algérie, qui a dû faire face au terrorisme et à l'extrémisme pendant de longues années, au prix de plus de 100.000 vies », a souligné Kofi Annan.

« Depuis trop longtemps, les efforts aux Nations Unies pour lutter contre ce phénomène brutal ont été affaiblis par l'absence d'une convention d'ensemble sur le terrorisme, fondée sur une définition claire et reconnue par tous », a déclaré le Secrétaire général, qui a rendu hommage aux travaux du Groupe de personnalités de haut niveau, pour parvenir à une définition dans son Rapport sur les menaces, les défis et le changement .

Dans son propre Rapport, le Secrétaire général indiquait souscrire entièrement « à l'appel lancé par le Groupe de personnalités tendant à ce que la définition du terrorisme qualifie de terrorisme tout acte, outre ceux déjà visés par les conventions en vigueur, commis dans l'intention de causer la mort ou des blessures graves à des civils ou à des non-combattants, dans le dessein d'intimider une population ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir un acte ou à s'abstenir de le faire ».

« Nous n'avons pas besoin de débattre du fait que les Etats peuvent être coupables de terrorisme, parce que l'usage délibéré de la force contre des civils, par des Etats, est déjà clairement interdit et condamné par le droit international », a rappelé le Secrétaire général.

Et le Groupe de personnalités de haut niveau a clairement indiqué « que le droit de résister à l'occupation ne peut comprendre le droit de tuer ou de blesser des civils ». « Des causes légitimes ne peuvent être promues par des moyens illégitimes », a-t-il affirmé.

Kofi Annan a demandé aux Etats de la Ligue arabe rassemblés à Alger, comme il l'a fait aux dirigeants mondiaux, « d'apporter leur propre expérience et de prendre la tête de ces efforts », afin de conclure une « convention d'ensemble contre le terrorisme d'ici à la fin de la 60ème session de l'Assemblée générale », qui sera ouverte en septembre prochain.

« Bien sûr, lorsqu'il existe des griefs authentiques qui encouragent la population à soutenir ou à sympathiser avec le terrorisme, alors nous devons trouver des moyens pacifiques d'y remédier, et de convaincre la population que le terrorisme n'est pas la voie à suivre pour les régler », a précisé le Secrétaire général avant d'ajouter : « Nulle part ailleurs cela n'est aussi manifeste que dans le Territoire palestinien occupé, auquel j'ai rendu visite la semaine dernière ».

Kofi Annan a notamment fait part des « difficultés quotidiennes rencontrées par les Palestiniens, leurs préoccupations quant aux actes unilatéraux que constituent l'activité de colonisation israélienne et les confiscations de terres, leur colère quant à la barrière ou au mur de séparation en Cisjordanie, et leur désir de voir relâcher tous les prisonniers politiques ».

« Mais j'ai aussi ressenti une nouvelle atmosphère d'optimisme et d'espoir après une longue et amère période de désespoir et de sang versé », a affirmé le Secrétaire général, rappelant que l'ONU restait déterminée à demander aux parties la pleine application de leurs obligations et à promouvoir la paix entre Israël et la Syrie et Israël et le Liban.

Par ailleurs, le Secrétaire général a rappelé que, « récemment, les Iraquiens, les Palestiniens et les Libanais avaient montré un vif appétit pour une solution démocratique à leur problèmes ».

« Les hommes et femmes arabes sont de plus en plus déterminés à faire entendre la diversité de leurs voix. Dans le monde arabe, et ailleurs, la démocratie n'est pas une solution en elle-même. Mais c'est le meilleur moyen à notre disposition pour résoudre les problèmes, promouvoir la paix, soutenir le développement et pour établir des sociétés ouvertes et unies fondées sur l'Etat de droit », a affirmé Kofi Annan.

« Les Nations Unies, qui sont déjà votre proche partenaire à de nombreux égards, continueront à travailler avec vous pour réaliser aussi ces objectifs », a conclu le Secrétaire général.

 

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