Soudan : la situation au Darfour exige la présence de 8.000 hommes sur le terrain, selon Jan Pronk

23 mars 2005

Au lendemain d'une nouvelle attaque contre un convoi humanitaire, l'Envoyé de l'ONU affirme que la situation au Darfour n'est pas près de s'améliorer à moins d'une présence d'au moins 8.000 hommes sur le terrain. Kofi Annan a demandé aujourd'hui à Alger l'aide notamment financière des Etats de la Ligue arabe dans ce conflit.

« Nous sommes tous encouragés par l'accord de paix tant attendu sur le Sud-Soudan », mais « la situation dramatique au Darfour jette une ombre sur ce qui a été réalisé à Naivasha », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général lors de son allocution au Sommet de la Ligue arabe.

Malgré les « vaillants efforts au niveau humanitaire » et ceux réalisés par l'Union africaine dans le domaine de la sécurité, « pratiquement aucun progrès n'a été réalisé au niveau politique », a déploré le Secrétaire général.

Kofi Annan a notamment rappelé le besoin de nouveaux financements substantiels pour les opérations humanitaires du Darfour, dans le Sud et d'autres régions du pays, au risque de les voir cesser.

« Le soutien des Etats arabes, y compris votre soutien financier urgent, sera crucial si nous voulons avancer plus vite et apporter une réponse adaptée aux besoins de la situation », a affirmé le Secrétaire général.

Illustrant la difficulté de la situation sur le terrain et le manque de sécurité qui touche même le personnel humanitaire, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk, dans un message publié aujourd'hui par la Mission préparatoire des Nations Unies au Soudan (UNAMIS selon son acronyme anglais), a déploré l'attaque qui a eu lieu hier entre Nyala et Kass (carte) à l'encontre d'un convoi de l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID).

« Cette attaque était clairement une embuscade, car il n'apparaît pas que des tirs de sommation aient été faits avant de viser le convoi ».

Jan Pronk a vivement « condamné l'attaque contre le personnel humanitaire et des organisations non gouvernementales (ONG), dont les victimes, en définitive, sont les personnes qui ont besoin d'assistance ».

Le Représentant spécial estime dans son message « qu'il n'est pas vraisemblable que ces incidents s'arrêtent à moins qu'une force de protection robuste d'au moins 8.000 soldats ne soit déployée au Darfour pour protéger la population et le personnel humanitaire et ses convois ».

Interrogé aujourd'hui lors d'un point avec la presse, à l'issue de sa conférence à Alger, sur le calendrier d'un déploiement de l'ONU au Darfour, le Secrétaire général a rappelé que le Conseil de sécurité était saisi de sa proposition et qu'il doit à présent l'adopter.

Dans un rapport rendu public le 3 février dernier, le Secrétaire général avait recommandé au Conseil de sécurité le déploiement d'une mission de près de 10.000 hommes dont le mandat devrait durer sept ans, pour aider le Gouvernement d'unité nationale, regroupant les autorités soudanaises et les rebelles, à mettre en œuvre l'Accord Nord-Sud (voir notre dépêche du 3 février 2005 et celle du 24 février 2005).

Devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général avait aussi appelé à agir pour empêcher la poursuite des crimes au Darfour et pour traduire en justice les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par le Gouvernement soudanais, les milices janjaouites et les rebelles (voir notre dépêche du 16 février 2005).

Le Conseil de sécurité a prorogé par deux fois le mandat de la Mission préparatoire des Nations Unies au Soudan, d'une semaine à chaque fois, dans l'attente d'un accord sur une résolution (voir notre dépêche du 17 mars 2005).

Ce mandat expire demain jeudi 24 mars.

 

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