L'OMS déconseille l'utilisation des cabines de bronzage pour les moins de 18 ans

17 mars 2005

Estimant à 66 000 le nombre annuel de décès liés aux cancers cutanés et soulignant que les chiffres sont en progression constante, l'agence de l'ONU pour la santé déconseille l'utilisation des lits de bronzage qui peuvent émettre des intensités de rayonnement ultraviolet beaucoup plus élevées que celles émises l'été par le soleil en plein midi et qui seraient la principale raison de cette augmentation rapide du nombre de cancers de la peau.

« Les lits de bronzage font courir un risque de cancer cutané », indique l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui déconseille « fortement » leur utilisation pour les moins de 18 ans, dans un communiqué publié aujourd'hui à Genève.

« On sait aujourd'hui que les jeunes qui présentent des érythèmes à la suite d'une exposition aux ultraviolet (UV) auront un risque majoré de mélanome ultérieurement et des études récentes ont mis en évidence un lien direct entre les lits de bronzage et les cancers cutanés », déclare l'OMS.

D'après l'OMS, on estime à 132 000 le nombre annuel de cas de mélanome malin (forme la plus dangereuse de cancer cutané) et à 66 000 le nombre de décès imputables à ce dernier et aux autres cancers cutanés.

Ces chiffres sont en progression constante, fait remarquer l'agence de l'ONU pour la santé. En Norvège et en Suède, on estime que le taux d'incidence annuel du mélanome a plus que triplé au cours des 45 dernières années, alors qu'il a doublé au cours des 30 dernières années aux Etats-Unis.

« L'utilisation croissante des lits de bronzage associée au désir d'être bronzé parce que c'est à la mode seraient les principales raisons de cette augmentation rapide du nombre de cancers cutanés », indique le communiqué.

L'OMS explique aussi que l'incidence du mélanome peut varier d'un facteur allant jusqu'à 150, selon les régions du monde. Les taux les plus élevés se trouvent principalement dans les pays où les gens ont la peau la plus claire et où la culture du bronzage est la plus enracinée : Amérique du Nord, Australie, Europe du Nord et Nouvelle-Zélande.

Un cancer sur trois dans le monde est un cancer cutané et aux Etats-Unis, ce chiffre atteint un sur deux. On estime à 1,1 million le nombre annuel de cas de cancers cutanés dans ce pays.

« Des préoccupations grandissantes sont apparues ces quelques dernières années concernant le fait que des personnes, et en particulier des adolescents, recourent de manière excessive aux lits de bronzage pour acquérir un bronzage considéré comme socialement désirable. Les conséquences de cette utilisation accrue des lits de bronzage ont été une augmentation brutale du nombre de cas de cancers cutanés », a déclaré Kerstin Leitner, Sous-Directeur général de l'OMS.

« Nous attirons donc l'attention sur la question et nous espérons que cette recommandation incitera les autorités de réglementation à adopter des mesures de contrôle plus strictes de l'utilisation des lits de bronzage », a-t-il ajouté.

« Certains lits de bronzage peuvent émettre des intensités de rayonnement ultraviolet (UV) beaucoup plus élevées que celles émises l'été par le soleil en plein midi dans la plupart des pays », prévient l'agence dans son communiqué.

Cependant, à l'heure actuelle, seuls quelques pays disposent de réglementations efficaces sur les lits de bronzage ou sur leur utilisation. La Belgique, la France et la Suède ont une législation limitant la proportion maximum d'UVB (constituant le plus dangereux du rayonnement UV) émis à 1,5 % (soit une intensité analogue à celle des UV cancérogènes émis par le soleil).

En France, la réglementation impose la déclaration aux autorités de santé de tous les appareils émettant du rayonnement UV, interdit leur utilisation aux mineurs de moins de 18 ans, prévoit que l'ensemble des établissements commerciaux soient supervisés par du personnel qualifié et interdit toute allégation faisant état d'effets bénéfiques pour la santé. Aux Etats-Unis, l'Etat de Californie interdit l'entrée des salons de bronzage aux moins de 18 ans. Mais, bien souvent, ces réglementations restent très difficiles à mettre en oeuvre de manière efficace.

L'OMS encourage donc les pays à formuler et à renforcer les lois de manière à mieux contrôler l'utilisation des lits de bronzage, en interdisant, par exemple toute utilisation de lits de bronzage sans supervision.

Parmi les conséquences principales d'une exposition excessive aux UV, on peut citer les cancers cutanés, les lésions oculaires et le vieillissement prématuré de la peau. Une étude effectuée en Norvège et en Suède a, par exemple, permis de mettre en évidence une augmentation significative du risque de mélanome malin chez les femmes ayant utilisé régulièrement des lits de bronzage. En outre, une exposition excessive aux UV peut abaisser les défenses immunitaires, et peut-être entraîner un risque accru de maladie infectieuse.

Parmi les effets aigus du rayonnement UV sur l'oeil, on peut citer la cataracte, le pterygion (voile conjonctival blanc sur la cornée) et les inflammations oculaires telles que la photokératite et la photoconjonctivite. C'est pourquoi des lunettes de protection sont recommandées lors de l'utilisation d'un lit de bronzage.

 

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