TPIY : première comparution de l'ex-Premier ministre du Kosovo, accusé de crimes contre l'humanité, le 14 mars 2005

11 mars 2005

Le Tribunal de l'ONU chargé de juger les crimes commis lors des guerres qui ont suivi la dislocation de la Yougoslavie a fixé la première comparution de Ramush Haradinaj, ex-Premier ministre du Kosovo, au 14 mars prochain. Ce dernier est accusé de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre en sa qualité de commandant de l'UCK, en 1998.

La première comparution de Ramush Haradinaj, l'ex-Premier ministre du Kosovo, de Idriz Balaj et de Lahi Brahimaj est prévue pour le 14 mars 2005, indique un communiqué du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie ( TPIY ) paru aujourd'hui.

Le communiqué précise qu'elle diffusée en direct en français sur son site à l'adresse :http://www.un.org/icty/latest-f/indexsched.htm.

Hier, le Tribunal a publié l' acte d'accusation à l'encontre de Ramush Haradinaj, en sa qualité de commandant de l'Armée de libération du Kosovo (UÇK selon son acronyme albanais) pour la région de Dukagjin et en tant qu'un des dirigeants principaux du groupe, en 1998.

Sa responsabilité pénale est engagée pour avoir « planifié, engagé, ordonné, commis, ou assisté et s'être rendu complice de la commission de 17 faits de crimes contre l'humanité, notamment de persécution, de déportation, d'emprisonnement, de meurtre et d'autres actes inhumaines, et de 20 faits de violations du droit de la guerre, à savoir traitements brutaux, meurtre et viol.

L'acte d'accusation vise notamment les actes commis en mai 1998 dans un centre de détention improvisé à Jablanica, où au moins 16 non-combattants auraient été détenus, battus et torturés. Il vise aussi la découverte, par les forces serbes, de près de 39 corps de civils serbes, roms et albanais ayant disparu entre avril et septembre 1998 dans la région de Dukagjin.

Le TPIY accuse enfin Ramush Haradinaj d'avoir utilisé sa propre maison à comme centre de détention et d'avoir non seulement ordonné la commission de ces crimes mais aussi de les avoir pour partie personnellement exécutés.

Ramush Haradinaj avait été nommé au poste de Premier Ministre du Kosovo après les élections d'octobre 2004 (voir notre dépêche du 24 octobre 2004).

Dès l'annonce de sa nomination, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo, Søren Jessen-Petersen avait laissé entendre qu'elle pourrait poser problème en raison de sa possible inculpation par le TPIY (voir notre dépêche du 29 novembre 2004).

Il a néanmoins salué son départ volontaire, signe selon lui « d'un exemple de la maturité politique croissante du Kosovo » (voir notre dépêche du 8 mars 2005).

 

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