Jan Egeland effectue une visite au Soudan

3 mars 2005

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, qui craint que le manque de ressources pour aider les personnes déplacées au Soudan ne sape les efforts de paix, va effectuer une visite de cinq jours dans le pays où il rencontrera les autorités soudanaises, des représentants des rebelles et de l'Union africaine.

Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, doit arriver aujourd'hui au Soudan pour une visite de cinq jours dans le pays où il rencontrera les autorités soudanaises, les représentants de l'Union africaine, des personnes qui été déplacées pendant le conflit, des donateurs et le personnel humanitaire, indique un communiqué du Bureau des affaires humanitaires (OCHA) publié aujourd'hui à New York.

Jan Egeland se rendra demain au Sud Soudan où il rencontrera à Rumbeck des représentants du Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan (SPLM/A), des agences des Nations Unies, et des organisations non gouvernementales. Il se rendra ensuite à Malualkon, une zone où sont retournées des dizaines de milliers de personnes déplacées, précise le communiqué.

Après la signature de l'Accord de paix, des centaines de milliers de personnes déplacées pendant la guerre devaient rentrer dans leurs communautés. « Mais le manque de ressources pour aider au retour de ces personnes déplacées pourraient saper les efforts de paix », prévient OCHA dans son communiqué.

Le porte-parole du Secrétaire général, Fred Eckhard avait indiqué hier, lors de son point quotidien avec la presse au Siège de l'ONU à New York, que les violences se poursuivaient au Darfour.

Interrogé hier également, lors d'une conférence de presse sur le programme de travail du Conseil de sécurité au mois de mars, sur le fait qu'il n'y avait pas de séance prévue au Conseil sur le Soudan et, d'une manière plus générale, sur la lenteur de la réaction du Conseil sur cette question, Ronaldo Mota Sardenberg, Représentant permanent du Brésil auprès des Nations Unies et Président du Conseil pour le mois de mars, a assuré que le Conseil se saisirait de la question ce mois-ci.

Conscient des fortes attentes sur cette question et du fait qu'une décision du Conseil était attendue le mois dernier, Ronaldo Mota Sardenberg a cependant admis qu'aucun délai n'avait été fixé (voir le communiqué de presse daté du 2 mars 2005).

Il a par ailleurs fait savoir que l'objectif était pour l'instant d'améliorer le projet de résolution en cours de discussion afin qu'il fasse l'unanimité. Ce projet de résolution concerne notamment la création d'une mission des Nations Unies au Soudan et l'établissement d'un mécanisme pour traduire en justice les auteurs des violations des droits de l'homme.

Dans une conférence de presse donnée le 18 février, Jan Egeland avait rappelé que selon les dernières estimations contenues dans le dernier rapport du Secrétaire général sur le Soudan, près de 1,9 millions de personnes avaient été déplacés au Darfour et qu'une nouvelle menace de famine pesait actuellement sur 2, 3 voire 4 millions de personnes. Il avait aussi appelé au renforcement du personnel militaire sur le terrain pour protéger la population qui continue d'être victime de massacres (voir notre dépêche du 18 février 2005).

De son côté, le Secrétaire général avait appelé, le 14 février dernier, l'OTAN et l'Union européenne à apporter au plus vite une aide concrète à l'Union africaine et rappelé que les capacités de l'Union africaine en matière de sécurité restaient dérisoires au regard de l'ampleur du problème (voir notre dépêche du 14 février 2005).

Le Secrétaire général avait également appelé, le 16 février dernier, le Conseil de sécurité à agir instamment pour empêcher la poursuite des crimes au Darfour et pour traduire en justice les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis par le Gouvernement soudanais, les milices janjaouites et les rebelles, après la publication du rapport de la Commission d'enquête internationale sur le Darfour (voir notre dépêche du 16 février 2005).

 

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