Conseil de sécurité : la fragilité de la paix en Afrique de l'Ouest appelle une aide accrue

25 février 2005

Les problèmes transfrontaliers en Afrique de l'Ouest ont été abordés aujourd'hui au Conseil de sécurité, en présence du Secrétaire général, qui a souligné à propos du Togo la difficulté de généraliser le transfert pacifique et constitutionnel du pouvoir dans la région, et de l'Envoyé de l'ONU qui a préconisé un « changement de doctrine » et une assistance accrue aux pays qui ne sont pas en guerre.

Malgré des « signes d'espoir et d'encouragement », nous assistons à « une évolution très préoccupante » de la situation en Afrique de l'Ouest, a déclaré ce matin le Secrétaire général dans une allocution d'ouverture d'une séance du Conseil de sécurité consacrée aux problèmes transfrontaliers en Afrique de l'Ouest.

« Ainsi que le montre la crise au Togo, il reste beaucoup à faire pour faire du transfert pacifique et constitutionnel du pouvoir la norme dans la région », a déclaré Kofi Annan (voir, sur les déclarations du Secrétaire général sur la crise au Togo, notre dépêche du 22 février).

« J'exhorte toutes les parties au Togo à faire preuve de la plus grande retenue tandis que se poursuivent les efforts pour trouver une solution pacifique à cette crise », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afrique de l'Ouest, Ahmedou Ould-Abdallah, qui présentait au cours de ce débat public le dernier rapport du Secrétaire général sur la question (S/2005/86), a estimé que les défis à relever restaient considérables (pour une présentation du rapport, voir également le communiqué de presse d'aujourd'hui).

« Le Togo, où une alternance du pouvoir maladroite a été suivie par une grande confusion, est une claire illustration de la fragilité de la paix et de la stabilité en Afrique de l'Ouest », a déclaré Ahmedou Ould-Abdallah.

« Le Togo devrait aussi nous rappeler que, si nous ne remédions aux 'petites crises' de manière opportune et cohérente, celles-ci pourraient facilement se transformer en crises plus importantes et plus complexes, comme cela a été le cas en Côte d'Ivoire », a-t-il précisé, faisant part de sa préoccupation quant « aux prochaines élections d'octobre en Côte d'Ivoire et au Libéria » et de leur impact sur la Sierra Leone.

C'est en outre à un « changement de doctrine » qu'a appelé le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Afrique de l'Ouest lors de son intervention.

« Nos efforts de maintien de la paix se concentrent sur les pays en guerre ». Bien que cela soit logique, « en raison des urgences politiques et humanitaires brûlantes qui touchent ces pays », « les pays qui ne sont pas en guerre méritent aussi notre aide », a précisé Ahmedou Ould-Abdallah.

« Ils restent fragiles et pourraient être affaiblis par la violence qui touche les pays voisins », a-t-il précisé, appelant à un soutien plus important aux pays à l'oeuvre dans leur processus démocratique, tels que le Ghana et le Niger, où des élections libres et équitables ont été organisées récemment ».

Dans de son allocution, Kofi Annan a souligné par ailleurs que « la région continuait de faire face à de graves défis en matière de sécurité », avec des « frontières particulièrement volatiles » et les populations soumises aux risques des trafics illicites de drogues et d'armes, du recrutement des enfants soldats, du banditisme, du viol et des atteintes à l'environnement.

Le Secrétaire général a jugé en particulier « troublant » le manque de financement du secteur de la sécurité, en particulier les phases de réinsertion et de réhabilitation des ex-combattants.

« Le niveau de chômage des jeunes est scandaleusement élevé et le désespoir qui l'accompagne comporte un risque de déstabilisation sociale et politique dans les pays qui sortent d'une crise, et même dans ceux qui sont stables pour l'instant », a-t-il précisé, rappelant en outre la très rapide croissance de la population dans les zones urbaines de ces régions.

image• Retransmission de la séance du Conseil de sécurité[4h 5mins]

- Dossier Afrique de l'Ouest du site de l'ONU

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.