ONU-Union africaine : un partenariat qui continue de se renforcer

30 octobre 2019

Deux hautes responsables des Nations Unies et de l’Union africaine ont souligné mercredi les progrès dans le renforcement de la coopération entre les deux organisations sur les questions de paix et de sécurité en Afrique.

« Le partenariat entre l'Union africaine et les Nations Unies continue de se renforcer », a déclaré la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU auprès de l’organisation panafricaine, Hanna Tetteh, lors d’une réunion du Conseil de sécurité.

Selon Mme Tetteh, la collaboration entre l’ONU et l’UA sur les questions de paix et de sécurité en Afrique devient « de plus en plus systématique et prévisible ».

« Les deux organisations reconnaissent que les menaces actuelles à la paix et à la sécurité en Afrique est complexe et interconnectée, et que leurs impacts sont si profonds qu’aucune organisation ne peut les résoudre seule », a dit celle qui dirige le Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (UNOAU).

Devant les membres du Conseil, Mme Tetteh a mis en avant la coopération entre l’ONU, l’UA et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) au sujet de Madagascar. Une coopération, qui selon elle « a empêché la détérioration de la crise politique ». Cette collaboration a facilité la tenue d’élections pacifiques, libres, justes et crédibles les 7 novembre et 19 décembre 2018, et une transition politique pacifique en janvier 2019.

En République centrafricaine, les efforts des deux organisations ont permis la signature d’un accord de paix entre le gouvernement et les groupes armés. Le Commissaire paix et sécurité de l’UA, Smail Chergui, et le chef des opérations de paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, sont activement engagés dans l’appui de la mise en œuvre de cet accord.

Au Soudan, les efforts conjoints de l’ONU et l’UA ont contribué aux « développements positifs » ayant permis la conclusion d’un accord régissant une transition menée par le gouvernement du Premier Ministre Abdalla Hamdok.

Inégalités socio-économiques, faiblesses des institutions, mauvaise gestion du secteur public, non-respect de l’Etat de droit et des droits de l’homme, gestion inéquitable des ressources naturelles, changement climatique, insécurité alimentaire… la mise en place d’une paix et d’une sécurité durables est confrontée à de nombreux défis en Afrique, a rappelé Mme Tetteh.

L’ONU et l’UA demeurent notamment préoccupées par la situation en Libye, où les actions militaires sur le terrain empêchent un dialogue direct entre les parties au conflit, et au Soudan du Sud, où les deux organisations ne ménagent pas leurs efforts pour accélérer la mise en œuvre de l’accord de paix conclu entre le gouvernement et l’opposition. En Somalie, la coopération entre le gouvernement fédéral somalien et certains pays et les États membres fédéraux restent un défi.

Au Sahel, les défis sont également immenses. Terrorisme et extrémisme violent, trafic de drogue et d'êtres humains, violences intercommunautaires et liées à la transhumance, tous ces problèmes sont « exacerbés par l’absence d’autorité de l’État dans de vastes zones, notamment le long des frontières », a dit Mme Tetteh.

Problème du financement des opérations d’appui à la paix de l’Union africaine

La Représentante spéciale reconnait que le financement des opérations d’appui à la paix de l’Union africaine reste un « problème stratégique important » pour l’organisation panafricaine.

A cet égard, Mme Tetteh a salué l'engagement des États membres de l'Union africaine à soutenir les activités de consolidation de la paix par leurs contributions au Fonds de la paix de l’UA, qui s'élève actuellement à 131 millions de dollars. Elle a également salué les efforts déployés par le Président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, pour rendre pleinement opérationnelle l’architecture de gouvernance du Fonds.

L’Ambassadrice de l’Union africaine auprès des Nations Unies, Fatima Mohammed, a également constaté des « progrès significatifs » dans le partenariat entre les deux organisations. La représentante de l’UA a noté toutefois que la coopération avec l’ONU devait être améliorée en matière de consolidation de la paix et de reconstruction post-conflit.

Fatima Mohammed a également déploré que lors de désaccords entre les Nations Unies et l’Union africaine, le point de vue de l’ONU l’emportait très souvent. Un scénario, qui selon elle, affaiblit la relation entre les deux organisations au lieu de l’améliorer.

 

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