Enfants et conflits armés : le Secrétaire général propose un mécanisme de surveillance sur le terrain

Enfants et conflits armés : le Secrétaire général propose un mécanisme de surveillance sur le terrain

Dans son rapport au Conseil de sécurité sur les enfants dans les conflits armés, le Secrétaire général nomme et liste 54 parties qui commettent de graves violations des droits de l'enfant dans 11 pays différents, recommande de prendre des mesures concrètes à l'encontre de ces parties et propose pour la première fois un plan d'action concret pour établir un mécanisme de surveillance permanent sur le terrain.

Le Secrétaire général a transmis aujourd'hui officiellement au Conseil de sécurité son dernier rapport sur les enfants et les conflits armés qui présente pour la première fois un plan d'action concret pour établir sur le terrain un mécanisme de surveillance permanent, recueillir une information juste et objective et ainsi protéger les enfants dans le monde exposés aux conflits armés.

« C'est un grand jour pour des millions d'enfants qui sont brutalisés dans des situations de conflits armés », a déclaré Olara Otunnu, Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, dans un communiqué publié aujourd'hui à New York.

« Ce rapport marque une étape importante car il marque un tournant dans une ère d'application effective », a-t-il ajouté. Ce dernier avait présenté les grandes lignes du rapport lors d'une conférence de presse qui s'est tenue au Siège de l'ONU (voir notre dépêche du 9 février 2005).

Le rapport indique que les efforts déployés ces dernières années ont permis des avancées significatives pour la protection des enfants.

Le rapport nomme et liste de manière systématique « toutes les parties qui commettent des graves violations des droits de l'enfants, qu'elles soient des armées gouvernementales ou des groupes rebelles armés ».

Tuer ou mutiler des enfants, recruter ou utiliser des enfants dans des armées, attaquer des hôpitaux ou des écoles, violer ou agresser par des violences sexuelles des enfants, enlever des enfants, sont les principales violations des droits de l'enfant, rappelle le communiqué.

Le rapport du Secrétaire général décrit de graves violations des droits de l'enfant commises dans 11 pays - Burundi, Côte d'ivoire, République démocratique du Congo, Somalie, Soudan, Colombie, Myanmar, Népal, Philippines, Sri Lanka et Ouganda.

Il nomme et liste au total 54 parties qui ont commis de graves violations des droits de l'enfant.

Dans son rapport, le Secrétaire général recommande au Conseil de sécurité de « prendre des mesures ciblées et concrètes si aucun progrès ou des progrès insuffisant ont été faits par les parties nommées et listées dans le rapport ».

Il s'agit notamment de l'interdiction de voyager, du gel des avoirs financiers, de l'exclusion de toute structure gouvernementale des parties concernées ainsi que l'imposition d'un embargo sur les armes.

Le rapport expose également un plan d'action concret pour établir sur le terrain un mécanisme de surveillance qui permettra de fournir une information objective de « qui fait quoi et où ».

Ce plan d'action met en place des instruments internationaux et élabore des normes qui constituent la base du mécanisme de surveillance, en d'autres termes les critères qui permettent de juger de la conduite des parties.

- Page spéciale du site de l’ONU consacrée aux enfants dans les conflits armés