L'UNICEF demande 763 millions de dollars pour les enfants des « crises oubliées »

L'UNICEF demande 763 millions de dollars pour les enfants des « crises oubliées »

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Après la « générosité tsunami », l'agence de l'ONU pour l'enfance lance un appel de fonds de près de 800 millions de dollars pour aider les enfants qui souffrent en silence, loin des feux de l'actualité, de conflits ou crises humanitaires dans 33 pays dans le monde et notamment en République démocratique du Congo, dans le Nord de l'Ouganda et au Soudan.

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a lancé aujourd'hui « un appel de fonds d'un montant de 763 millions de dollars pour l'année 2005 afin d'aider les enfants qui s'efforcent de survivre dans des situations de conflit ou autres crises humanitaires dans 33 pays » et rappelé que « le tsunami avait montré que les gens se souciaient réellement des enfants en péril, mais que bien souvent, ils n'étaient pas au courant de leur situation », indique un communiqué de l'organisation.

« Nous avons assisté à une réaction vraiment spectaculaire de l'ensemble de la communauté internationale, un mélange de compassion, de célérité et de générosité qui a permis à l'UNICEF d'aider à sauver des vies tout de suite », a déclaré Carol Bellamy, directrice de l'UNICEF, à propos de l'aide apportée aux victimes du tsunami qui a déferlé sur les côtes de l'Asie du Sud le 26 décembre dernier.

Mais il ne faut pas pour autant oublier « l'interminable conflit en République démocratique du Congo, conflit qui a causé la mort de plus de trois millions de personnes en moins de cinq ans », ainsi que « la crise dans le nord de l'Ouganda qui représente l'une des plus graves crises humanitaires du monde pour les enfants », a fait remarquer la directrice de l'UNICEF.

Deux tiers des pays incluent dans l'appel de fonds 2005 se trouvent en Afrique - dont l'Ouganda, la Somalie, le Burundi, la République démocratique du Congo et la Sierra Leone. Mais l'appel concerne aussi l'Afghanistan, l'Indonésie, le Sri Lanka, la Colombie et Haïti.

L'appel de fonds comprend également un appel extraordinaire de plus de 289 millions de dollars pour couvrir les opérations humanitaires dans le sud du Soudan et dans la région du Darfour.

« Les caméras ont tendance à s'orienter vers les nouvelles crises et à mobiliser notre attention ailleurs. Mais même si nous oublions certaines crises, nous ne pouvons pas oublier les enfants qui en sont victimes. Chaque jour, des enfants sont assassinés, mutilés ou enrôlés dans les rangs de combattants. On les arrache à leur famille, on les contraint à assister à des scènes de violence et à endurer les conséquences lentes et douloureuses de l'absence de soins de santé », a déclaré Carol Bellamy.

« Presque la moitié des 3,6 millions de personnes tuées au cours des conflits, qui se sont déroulés pendant les années 1990, avaient moins de 18 ans. Des millions d'autres enfants ont été gravement blessés ou handicapés à vie, ont subi des violences sexuelles ou des traumatismes, ont souffert de la faim et de la maladie. Près de vingt millions d'enfants ont été chassés de leur foyer ou de leur communauté par la guerre », souligne le communiqué.

Par ailleurs, l'UNICEF a indiqué qu'il n'était pas loin d'avoir réuni les sommes nécessaires pour les secours et la reconstruction dans les régions sinistrées par le tsunami. Près de 300 millions de dollars ont déjà été envoyés tant par des Etats que par des particuliers.

Après l'aide humanitaire sans précédent apportée aux victimes du tsunami, le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM), James Morris, avait lui aussi lancé un appel pour que la communauté internationale vienne en aide aux 300 millions d'enfants dans le monde qui souffrent de la faim et de la malnutrition (voir notre dépêche du 20 janvier 2005).