Tsunami : l'ONU chargée à Jakarta de la coordination de tous les secours

Tsunami : l'ONU chargée à Jakarta de la coordination de tous les secours

Jan Egeland
Le Coordonnateur de l'ONU s'est déclaré « satisfait et reconnaissant » de la Conférence de Jakarta qui a confirmé le leadership de l'ONU dans la coordination des secours aux victimes du tsunami et au cours de laquelle a été lancé l'Appel humanitaire, « véritable plan d'action » pour toutes les agences.

« Nous sommes très reconnaissants et satisfaits de la réponse à l'Appel de 977 millions de dollars lancé ce matin [par Kofi Annan] et des déclarations qui ont été faites à Jakarta », a déclaré Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, lors de son point avec la presse au Siège de l'ONU à New York.

« La conférence de Jakarta a reconnu que les pays eux-mêmes devaient mettre en oeuvre l'assistance et que l'ONU devait coordonner les secours », a-t-il précisé.

Jan Egeland a confirmé que le « Groupe restreint », aussi appelé « Coalition internationale de secours », lancée à l'initiative des Etats-Unis, se dissolvait et que l'aide serait coordonnée par l'ONU. « Il n'est plus utile, même s'il a été indispensable au départ », a-t-il reconnu.

« L'Appel consolidé est un document impressionnant qui comprend des milliers d'heures de travail pour présenter un véritable plan d'action dans les pays concernés », a indiqué le Coordonnateur des secours humanitaires.

Voir un détail de l'Appel consolidé établi par Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA), par agence, par pays et par secteur.

« Ce document, l'appel consolidé, comprend un outil de mobilisation des ressources, d'évaluation, et de présentation des rapports aux pays concernés et aux donateurs », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il était « fondé sur les rapports des équipes sur place, travaillant 24h sur 24h ».

Le dernier appel de ce genre avait été celui lancé pour l'Ouragan Mitch, fin 1998, pour un montant 153 millions de dollars. L'appel pour le tsunami est plus élevé a-t-il précisé, « en raison des dommages mais aussi parce que le monde est mieux équipé pour apporter une aide ».

Alors que 3 millions de personnes ont été touchées par l'Ouragan Mitch, en Asie du Sud il s'agit de 5 millions, a indiqué Jan Egeland, qui a précisé que l'assistance atteint de plus en plus de gens.

Quant au nombre de personnes touchées, les chiffres sont approximatifs, a-t-il insisté. Des centaines de villages ont été rasés, a-t-il souligné. « Le nombre officiel de victimes, fixé pour l'instant à 150.000, est en réalité très bas » a-t-il déclaré et il est vraisemblable qu'il ne sera pas mis à jour dans l'immédiat.

Il faudra notamment attendre l'accès à tous les survivants de Sumatra. « Si 20% de la population y a été emportée, nous pourrions avoir des chiffres très élevés », a-t-il affirmé.

Interrogé par ailleurs sur les efforts mis en place pour identifier les victimes, Jan Egeland a indiqué qu'ils étaient menés par les autorités locales. De nombreuses victimes ont été emportées et ne réapparaîtront pas, a déclaré le Coordonnateur humanitaire de l'ONU.

Répondant par ailleurs à la question d'un journaliste portant sur la situation en République démocratique du Congo (RDC), Jan Egeland a affirmé que « s'il était de plus en plus optimiste quant à la réponse au tsunami, il était de plus en plus nerveux concernant l'assistance en RDC ».

« La RDC est à présent la région du monde où l'on enregistre le plus grande nombre de mort quotidiennement, par négligence », a-t-il affirmé, rappelant que les quelque 3 millions de morts dans la région des Grands Lacs, ces cinq dernières années, était un des plus grands scandales de notre génération, aux côtés du génocide au Rwanda ».

Le Coordonnateur humanitaire de l'ONU a appelé à l'intensification de la présence internationale en RDC et à l'accroissement de l'aide, notamment pour faire cesser les « abus sexuels généralisés ».

Dossier spécial 'tsunami' sur le site de l'ONU