Asie du Sud : après l'urgence, assurer la reconstruction prévient Kofi Annan

Asie du Sud : après l'urgence, assurer la reconstruction prévient Kofi Annan

Lors d'une conférence de presse donnée aujourd'hui à Jakarta, le Secrétaire général a souhaité que les promesses de dons pour répondre aux besoins humanitaires des victimes du tsunami se transforment en argent liquide le plus rapidement possible, non seulement dans l'immédiat mais pour la reconstruction, et sans oublier les autres crises comme celle du Darfour, au Soudan.

Immédiatement après avoir lancé un appel de fonds d'un montant de 977 millions de dollars pour venir en aide aux victimes du tsunami et répondre à leurs besoins immédiats (voir notre dépêche d'aujourd'hui sur l'Appel), le Secrétaire général de l'ONU a voulu, dans une conférence de presse donnée à l'issue de la Conférence de Jakarta, insister sur les efforts que la communauté internationale devra fournir à plus long terme, après l'aide humanitaire, pour le redressement et la reconstruction des régions dévastées par le tsunami

« La vaste majorité de ceux affectés est constituée de pêcheurs et de leurs familles. Pour qu'ils puissent retrouver leurs moyens de subsistance, il faut les aider à réparer leurs bateaux et leurs filets de pêche », a-t-il fait remarquer ajoutant que « de manière plus générale, il y avait beaucoup de gens autosuffisants qui étaient dans le besoin, des gens qui ont l'habitude travailler dur » (voir sur l'aide de la FAO, notre dépêche d'aujourd'hui)

« Si nous leur apportons un aide financière rapidement, des matériaux pour reconstruire, ils assureront eux-mêmes la reconstruction. Ils nettoieront leurs villages et leurs villes et leurs enfants pourront retourner à l'école. Nous devons investir pour le redressement immédiatement et ne pas les faire attendre inutilement », a expliqué Kofi Annan.

« Il est important qu'à partir de maintenant et lorsque nous passerons à l'étape intermédiaire puis à plus long terme encore, il n'y ait pas de déficit dans les efforts de financement. Nous savons d'expérience que ces manques peuvent empêcher la réalisation des progrès de la reconstruction et nous faisons confiance à la communauté internationale pour qu'elle travaille avec nous à la mise en oeuvre des programmes couverts par l'Appel de fonds et qu'elle reste avec nous sur le long terme », a-t-il insisté.

A cet égard, le Secrétaire général a espéré que « les promesses de dons se transformeraient véritablement et le plus rapidement possible en argent liquide » et, prenant les médias à partie, il a fait savoir qu'il comptait sur eux pour les donateurs tiennent leurs engagements.

Il a par ailleurs rappelé qu'il souhaitait la mise en place d'un système d'alerte dans l'océan Indien, semblable à celui qui existe dans le Pacifique, pour que ne se reproduise plus jamais une telle tragédie.

Sur la question de la réduction de la dette des pays les plus touchés, Kofi Annan a rappelé que cette question était toujours en discussion entre les pays concernés et les pays créditeurs et qu'il était important que « la communauté internationale fasse tout ce qu'elle peut pour assister les gouvernements des pays touchés ».

Interpellé sur le fait que la communauté internationale a répondu à l'appel pour venir en aide aux victimes du tsunami mais qu'elle soit restée sourde aux appels pour apporter secours aux milliers de victimes du Darfour, le Secrétaire général a regretté que dans certaines situations, l'ONU a obtenu « seulement 14% du montant nécessaire ». Il a aussi espéré que « la communauté internationale pourra tirer les leçons de la réponse généreuse qu'elle a apporté aux victimes du tsunami et qu'elle redoublera d'efforts pour répondre à d'autres crises comme celles du Darfour » où « il y a des besoins urgents et où la sécurité continue de se détériorer ».

Concernant l'effort de coordination des efforts humanitaires dans la région, Kofi Annan a rappelé que les Nations Unies avaient le « leadership » dans la mesure où elles ont une présence importante partout dans la région et qu'elles disposent d'un siège régional à Bangkok en Thaïlande.

Il a par ailleurs exprimé sa reconnaissance au « Groupe restreint » [la « Coalition de secours » lancée à l'initiative de Washington], constitué de pays disposant de bases militaires dans la région, qui ont pu fournir « un effort logistique essentiel ». Il aurait été, selon lui, particulièrement difficile d'atteindre les régions les touchées et les plus reculées où les aéroports, les routes et les ponts ont été détruits sans cette appui logistique.

Face aux interrogations des journalistes concernant les objectifs réels des pays du « Groupe restreint », il a enfin rappelé que ces pays avaient « un objectif qui était limité à l'aide des opérations humanitaires » et qu'ils avaient exprimé clairement « qu'une fois cet objectif atteint, le Groupe se dissoudrait ».

Dossier spécial 'tsunami' sur le site de l'ONU