Tsunami : Kofi Annan lance un appel de fonds d'urgence de 977 millions de dollars

Tsunami : Kofi Annan lance un appel de fonds d'urgence de 977 millions de dollars

Kofi Annan
Le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a lancé aujourd'hui à Jakarta, lors de la conférence des pays de l'Asie du Sud-Est, un Appel de fonds consolidé d'un montant de 977 millions de dollars, qui doit répondre aux besoins humanitaires d'environ cinq millions de personnes au cours des six prochains mois dans les pays frappés le 26 décembre dernier par les tsunamis.

Voir un détail de l'Appel consolidé établi par Bureau de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA), par agence, par pays et par secteur.

« Nous avons commencé la nouvelle année avec l'occasion singulière de prouver notre humanité. Une chance de prouver que face aux catastrophes qui surgissent nous sommes égaux devant la tâche qui consiste à nous unir pour protéger et assister les êtres humains dans le besoin », a déclaré le Secrétaire général dans son discours prononcé jeudi 6 janvier à la Conférence de Jakarta qui rassemble, à l'initiative des pays de l'Association des nations de l'Asie du Sud Est (ASEAN) les pays donateurs, la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement.

« Ce qui s'est passé le 26 décembre 2004 est une catastrophe mondiale sans précédent qui nécessite une réponse mondiale sans précédent. Au nom de la communauté internationale, les Nations Unies doivent répondre aujourd'hui à la plus grande catastrophe naturelle qu'elles aient jamais connues au cours de leurs 60 ans d'histoire », a fait remarquer le Secrétaire général.

« Des villages de pêcheurs de Sumatra aux complexes hôteliers de la Thaïlande, des plages du Sri Lanka et de l'Inde aux communautés côtières des Maldives et de la Somalie, le désastre a été tellement brutal, tellement soudain et d'une telle ampleur, qu'il est encore difficile de saisir ce qui s'est passé », a-t-il déploré.

« Il semble parfois qu'il s'agit d'un cauchemar dont on espère pouvoir se réveiller. Sauf que pour des millions de gens dans 12 pays dévastés sur deux continents et pour des dizaines de milliers de visiteurs de 40 nations dans le monde, le cauchemar est bien réel », a rappelé Kofi Annan.

« Nous ne connaîtrons jamais de manière exacte combien d'hommes, de femmes et d'enfants ont péri le 26 décembre et au cours des 11 jours qui ont suivi. Le vrai chiffre excèdera probablement les 150 000 », a-t-il prévenu rappelant que 500 000 personnes avaient été blessées, plus d'un million de personnes avaient été déplacées et que presque deux millions de personnes avaient besoin d'aide alimentaire.

Le Secrétaire général n'oublie pas non plus « que des millions de gens en Asie et en Afrique souffrent de traumatismes psychologiques inimaginables, de blessures qui seront très longues à guérir » parce que «des familles ont été séparées » et que « des communautés entières ont disparu».

« Alors que nous pleurons les morts et que nous prions pour ceux qui cherchent encore leurs proches, nous avons un devoir envers les survivants », a-t-il déclaré, expliquant qu'il faudra «soigner les blessés, pour éviter d'autres souffrances qui pourront résulter de la pollution de l'eau, de la destruction des infrastructures ou du manque de nourriture» et espérant que « le tsunami ne soit pas suivi d'une 'deuxième vague' mortelle, qui pourrait être prévenue » ou même « d'une troisième vague », celle du désespoir des personnes qui n'auraient pas les moyens de reconstruire leurs habitations.

« Bien que nous ayons été impuissants à stopper le tsunami, ensemble nous avons le pouvoir de stopper les autres vagues », a exhorté Kofi Annan.

« Depuis que la catastrophe a frappé, nous avons vu un flot de promesses de dons venant de petits et de grands pays » a-t-il rappelé, expliquant que « la réponse des gouvernements avait coïncidé avec une générosité sans précédent de l'opinion publique, allant d'un enfant âgé de six ans dans la ville de Shenyang en Chine qui a offert toutes ses économies de 22 dollars aux citoyens suédois, un pays de neuf millions d'habitants, qui ont rassemblé la somme de 70 millions de dollars pour l'aide humanitaire en Asie, alors qu'ils doivent faire face au fait que plus de 2 000 de leurs compatriotes sont toujours portés disparus ».

« La bonne volonté et les préoccupations sont énormes. Les défis que nous devons affronter aussi. Il y a des contraintes logistiques impressionnantes. Mais pas insurmontables. C'est une course contre la montre. Ensemble, avec les gouvernements hôtes, nous les surmontons », a constaté le Secrétaire général avant de lancer un appel de fonds d'un montant de 977 millions de dollars pour les besoins humanitaires d'environ cinq millions de personnes et pour une période de six mois.

« Nous aurons besoin de 229 millions de dollars pour la nourriture et les besoins de l'agriculture, 122 millions pour les soins médicaux, 61 millions pour l'eau et les services sanitaires, 222 millions pour les refuges et autres besoins immédiats et 110 millions pour la reconstruction de l'habitat », a précisé Kofi Annan ajoutant que cet appel initial ne comprenait pas les 59 millions de dollars demandés par les partenaires de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Il a par ailleurs rappelé que cet appel se situait en deçà des sommes déjà promises car il ne concerne que les besoins humanitaires et qu'un autre appel sera fait ultérieurement pour besoins de la reconstruction, la deuxième phase de l'assistance.

Enfin, pour conclure, le Secrétaire général a souhaité que « des tragédies comme celles-ci ne se reproduisent plus » et que «dans le futur soient mis en place des systèmes de prévention et d'alerte».

Dossier spécial 'tsunami' sur le site de l'ONU