Une réévaluation de l'approche sur le Soudan s'impose, affirme Kofi Annan

22 décembre 2004

« Notre approche ne fonctionne pas » a estimé aujourd'hui Kofi Annan sur la question du Soudan, préconisant une réévaluation de l'approche adoptée à l'ONU et au Conseil de sécurité, qui doit être faite ici, sur place, et non pas par un nouveau voyage sur le terrain, comme le suggérait hier le représentant des Etats-Unis. Kofi Annan a aussi engagé le peuple iraquien à prendre en main son destin.

« Je suis toujours disposé à voyager ou à me rendre sur place quand je pense que cela peut être utile, comme je l'ai fait l'été dernier. Mais je pense qu'il est nécessaire que l'Organisation et le Conseil de sécurité procèdent à une véritable réévaluation pour déterminer si notre approche fonctionne ou non et quelles mesures doivent être prises », a déclaré ce matin le Secrétaire général lors d'un point avec la presse à son arrivée au Siège de l'ONU à New York.

« Je pense que cet exercice doit être fait ici et non pas pas par un voyage pour évaluer la situation sur le terrain », a-t-il affirmé, en réponse à un journaliste qui l'interrogeait sur l'appel lancé hier par le représentant des Etats-Unis, à un « réengagement personnel » du Secrétaire général sur la question du Soudan, notamment par un voyage sur le terrain (voir notre dépêche du 21 décembre 2004).

Répondant à la question d'un membre de la presse sur son soutien à une approche plus ferme, Kofi Annan a indiqué : « très franchement, notre approche ne fonctionne pas. La situation se détériore, les personnes déplacées souffrent, l'Union africaine n'a pas été en mesure de fournir autant de troupes que nous l'espérions ».

« Quelles autres mesures pouvons-nous prendre pour faire pression sur les parties et rechercher la responsabilité individuelle » des auteurs de crimes, s'est interrogé le Secrétaire général, qui a estimé que « ce type de décisions et de mesures devaient être adoptées ici ».

Rappelant sa position exprimée hier lors de sa conférence de presse de fin d'année, au cours de laquelle il avait appelé le Conseil de sécurité à « assumer ses responsabilités pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales » (voir nos dépêches d'hier sur l'exposé et la suite de la conférence de presse), le Secrétaire général a précisé que le Conseil de sécurité avait donné mandat au Secrétariat sur la question du Soudan et qu'il devait donc le réévaluer, et qu'il était « prêt à travailler avec lui ».

Interrogé par ailleurs sur la situation en Iraq, Kofi Annan, rappelant sa condamnation des attaques (voir notre dépêche du 21 décembre 2004) a indiqué sa grande tristesse face aux événements.

« Ça vous prend aux tripes – lorsqu'on regarde les images d'après les attaques », a-t-il déclaré, rappelant : « manifestement c'est dans ce climat que nous préparons les élections, et j'ai du personnel sur place ».

"C'est la première fois, depuis très longtemps, que le peuple iraquien a la chance de prendre en main son destin", et je l'engage à "faire tous les efforts possibles pour reprendre le dialogue au lieu de prendre la voie de la violence, et d'exercer son droit de vote" afin de déterminer l'avenir de son pays.

 

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