Sierra Leone : la Mission de l'ONU réduit ses effectifs

15 décembre 2004

Alors que la Sierra Leone continue sa transition du relèvement et de la reconstruction au développement notamment en reprenant le contrôle de la production diamantaire, la Mission de l'ONU a transféré la responsabilité de la sécurité au gouvernement et réduit ses effectifs, prévenant toutefois que la crise en Côte d'Ivoire risque de déstabiliser toute la région.

« La situation générale en Sierra Leone est demeurée calme et stable pendant la période considérée », indique le dernier rapport du Secrétaire général au Conseil de sécurité sur les activités de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL), depuis le 9 septembre 2004 (carte).

« Des conditions de sécurité favorables ont « favorisé de nouveaux progrès pour la consolidation de la paix dans le pays » et ont « également permis à la MINUSIL de poursuivre la réduction de ses effectifs militaires », indique le rapport qui précise que la Mission a pu transférer au Gouvernement sierra-léonais la responsabilité de la sécurité dans le pays.

« Néanmoins, le manque d'infrastructures et de matériel approprié continue d'entraver l'efficacité opérationnelle du secteur de la sécurité nationale, plus particulièrement dans les zones frontalières », indique le Secrétaire général qui estime qu'il reste « beaucoup à faire » pour améliorer les moyens opérationnels de la police et des forces armées.

« En attendant, la MINUSIL continuera de réduire progressivement ses effectifs et poursuivra le passage à une présence résiduelle, qui devrait s'achever à la fin de février 2005 », tout en continuant à suivre l'évolution de la situation sécuritaire et à apporter son aide au Gouvernement, indique le rapport.

« Je compte également soumettre au Conseil de sécurité, en avril 2005, un rapport sur l'application des critères qu'il avait définis pour la présence résiduelle de la MINUSIL », explique Kofi Annan, qui proposera des recommandations une fois établie une nouvelle évaluation de la sécurité.

Poursuivant ses efforts antérieurs (voir, sur le rapport précédent, notre dépêche du 14 septembre 2004), le Gouvernement sierra-léonais a fait des efforts méritoires pour renforcer son contrôle sur les activités d'extraction de diamants, « ce qui a eu pour effet d'augmenter considérablement les recettes tirées des exportations officielles de diamants ».

« À la fin du mois d'octobre, les exportations officielles de diamants se chiffraient à 120 millions de dollars, contre 71 millions pour la même période en 2003 », précise le rapport qui estime que cela « est dû en grande partie à l'application systématique par le Gouvernement du Système de certification du Processus de Kimberley ».

Un groupe d'examen collégial du Processus de Kimberley se rendra en principe en Sierra Leone et en Guinée, au début de 2005, pour faire le point des initiatives régionales visant à prévenir le commerce illicite et la contrebande de diamants.

« Il s'agit là d'un des résultats essentiels de la consolidation de l'autorité de l'État sur l'ensemble du pays », ce qui devrait inciter les autorités à continuer de renforcer leur contrôle sur ce secteur, indispensable pour la relance de l'économie nationale, précise le rapport.

Dans le secteur de la justice, le Gouvernement sierra-léonais a pris de nouvelles mesures pour renforcer la primauté du droit, en particulier grâce à la nomination récente d'un certain nombre de juges à de hautes instances judiciaires, ce qui permettrait d'accélérer le jugement des nombreuses affaires en souffrance devant les tribunaux.

Le Secrétaire général soulève notamment des « difficultés structurelles persistantes » et engage le gouvernement à mener une réforme d'ensemble du secteur de la justice et du système pénitentiaire.

« La Sierra Leone passe de la phase de relèvement et de reconstruction à celle de développement », confirme le rapport du Secrétaire général qui préconise des actions pour lutter contre la pauvreté et pour améliorer les conditions de vie de la population.

Selon le Secrétaire général, « le document de stratégie pour la réduction de la pauvreté », dont le Gouvernement achève actuellement la mise au point en consultation avec ses partenaires, servirait de cadre à ce plan d'action.

Les « documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté » (DSRP) incorporent un programme de politiques macro-économiques établies au niveau national, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la Banque mondiale et le Fonds monétaire international.

« L'aide accordée à la suite du conflit devra être suivie de mesures appropriées d'assistance et de développement à long terme de la part des donateurs ».

Dans une perspective régionale, le Secrétaire général note par ailleurs que « les efforts actuellement déployés pour stabiliser le Libéria auront certainement un effet favorable sur la situation de l'ensemble de la sous-région de l'Union du fleuve Mano, particulièrement en Sierra Leone ».

Cependant, note le rapport, « les troubles récents survenus en Côte d'Ivoire ont eu des répercussions dans la région », notamment un afflux de réfugiés ivoiriens dans les installations déjà excessivement sollicitées des pays voisins.

« Il est clair que si la crise perdure en Côte d'Ivoire, la stabilité de l'ensemble de la sous-région, y compris la Sierra Leone, pourrait être gravement compromise », estime Kofi Annan dans son rapport.

 

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