Kosovo : un examen positif des Normes ouvrira un terrain inconnu

Kosovo : un examen positif des Normes ouvrira un terrain inconnu

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Au moment de l'examen des progrès accomplis dans la mise en oeuvre des Normes avant le statut sur le Kosovo, à l'été 2005, « nous entrerons en terrain inconnu », a estimé aujourd'hui à Londres l'Envoyé de l'ONU, pour qui il faut dès à présent réfléchir aux modalités du débat sur le statut final et à ses participants.

« J'ai accepté ce poste – décrit par de nombreuses personnes comme impossible – parce que je pense fermement que le Kosovo est la dernière pièce du puzzle qui mènera les Balkans occidentaux des conflits des années 90 à la normalisation, la stabilisation et à l'intégration européenne », a déclaré aujourd'hui le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo, Søren Jessen-Petersen, à l'occasion d'un discours devant le 'Royal Institute of International Affairs', à Londres.

« De plus, je me considère assez chanceux d'être arrivé à un moment où tout le monde avait compris, tant au Kosovo, en Europe et au-delà, que l'on ne pourrait pas maintenir plus longtemps ce qui, depuis 1999, avait été une opération de soutien provisoire », a ajouté Søren Jessen-Petersen, qui s'était entretenu hier avec le ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, Jack Straw.

Søren Jessen-Petersen a exposé en détail la situation au Kosovo et la perspective de l'examen des progrès réalisés dans la mise en oeuvre des Normes, comme il l'avait fait devant le Conseil de sécurité (voir notre dépêche du 3 décembre 2004).

Dans le cas d'une évaluation positive, « probablement à l'été 2005 », nous « entrerions en territoire inconnu », a estimé le Représentant spécial.

« Comment ouvrir le débat sur le statut ? Qui mènera les débats ? Qui sera présent à part Belgrade et Pristina, en fonction des intérêts légitimes décrits dans la résolution 1244 du Conseil de sécurité? Où se tiendront-ils ? Et plus important encore, quels seront les principes et modalités du programme ? a-t-il demandé.

« Je n'ai pas la réponse à ces questions, mais j'espère que l'on commencera à y répondre bientôt. On ne peut pas s'asseoir et attendre l'été prochain », a-t-il souligné, indiquant qu'il faudrait dès à présent commencer des réflexions informelles.

A mesure que l'échéance approche, a-t-il indiqué, « il est important d'améliorer le dialogue entre Belgrade entre Pristina sur les questions de fond et pour renforcer la confiance, a estimé le Représentant spécial, de même qu'avec les voisins du Kosovo.

« Je suis absolument convaincu qu'il n'est pas seulement de l'intérêt du Kosovo mais aussi de la Serbie et Monténégro, de l'ex-République yougoslave de Macédoine, de l'Albanie et du reste de la région de parvenir à des certitudes sur le statut », a déclaré Søren Jessen-Petersen, pour qui cette certitude améliorerait la situation économique et permettrait à Belgrade de se concentrer sur ses propres priorités économiques et sociales.