Conseil de sécurité : appel aux parties à cesser l'escalade de la violence au Darfour

Conseil de sécurité : appel aux parties à cesser l'escalade de la violence au Darfour

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Suivant l'appel lancé ce matin par le responsable des affaires politiques de l'ONU, le Conseil de sécurité s'est déclaré extrêmement préoccupé par l'escalade de la violence au Darfour et exhorté toutes les parties à respecter leurs engagements, alors que le représentant des Etats-Unis a estimé que la région est à présent dans une « impasse ».

« Le Conseil de sécurité est extrêmement préoccupé par la récente escalade de la violence et des tensions au Darfour et de l'impact négatif de cette situation sur la population civile », a déclaré cet après-midi le Président du Conseil de sécurité, l'ambassadeur de l'Algérie, Abdallah Baali, à l'issue des consultations consécutives à l'exposé présenté par le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques (voir notre dépêche d'aujourd'hui).

« Les membres du Conseil de sécurité appellent toutes les parties à cesser tous actes de violence et à respecter et mettre en oeuvre leurs engagements ainsi que ceux qui découlent des résolutions du Conseil de sécurité », a-t-il déclaré.

Par la voix de son Président, le Conseil a aussi réitéré son soutien au rôle de l'Union africaine et appelé de ses vœux que la reprise des pourparlers de paix à Abuja aboutisse à un accord de paix entre les parties.

L'ambassadeur Baali a par ailleurs souligné « l'importance du déploiement rapide d'observateurs internationaux au Darfour ».

Interrogé sur la possibilité de renvoyer la question devant le Conseil de sécurité si les engagements des parties n'étaient pas remplis, M. Baali a précisé que le Conseil suivait la situation de « très près ».

Pour sa part, l'ambassadeur des Etats-Unis, John Danforth, a déclaré que l'on se trouvait au Darfour « dans une impasse ».

Qualifiant le rapport d'aujourd'hui « d'extrêmement troublant », il a estimé que « le Gouvernement et les rebelles étaient complices dans la commission de crimes » et qu'apparemment « l'accord qu'ils ont signé ne représente rien ».

« Il faut plus de personnel extérieur au Darfour », a-t-il déclaré, rappelant que l'Union africaine s'était engagée à renforcer ses troupes et que les fonds avaient été débloqués.

« Le Secrétaire général a demandé 50 observateurs supplémentaires pour les droits de l'homme, mettons-les en place aussi rapidement que possible », a-t-il souligné, encourageant par ailleurs la proposition des pays qui ont suggéré une présence de police, bien que pour l'instant « l'Union africaine soit la seule source » de personnel.

John Danforth a souligné que « chaque partie s'était engagée solennellement à signer l'Accord Nord-Sud d'ici au 31 décembre », et qu'une des conséquences de cet accord serait le déploiement d'une mission complète de l'ONU, selon le plan du Secrétaire général. Or, a-t-il ajouté, la communauté internationale n'apportera son soutien financier qu'à un pays en paix.

L'ambassadeur des Etats-Unis a par ailleurs appelé à ce que la Commission d'enquête sur les droits de l'homme porte sur les exactions commises par le gouvernement soudanais comme par les rebelles.

« Je ne comprends pas à quoi ils veulent arriver ni quel est leur programme politique », a-t-il déclaré à propos des rebelles, ajoutant qu'ils étaient « impliqués dans un désastre humanitaire et que leur responsabilité serait aussi engagée ».

Interrogé sur la possibilité d'une nouvelle résolution sur le Soudan, John Danforth a estimé que « cela était possible ».

imageRetransmission de l’intervention du Président du Conseil de sécurité[9 mins]

imageRetransmission de l’intervention du Représentant des Etats-Unis[12 mins]