Iraq : l'Envoyé de l'ONU en faveur d'une prise de contact politique élargie

24 novembre 2004

Le Représentant spécial de l'ONU pour l'Iraq, revenant pour la radio de l'ONU sur la Conférence internationale de Charm el-Cheikh, a souhaité que le Gouvernement iraquien entre en contact avec les éléments qui pourraient ne pas avoir été sollicités jusqu'à présent.

Dans une interview accordée à la radio de l'ONU, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq revient sur la façon dont s'est déroulée la Conférence internationale sur l'Iraq qui s'est achevée hier à Charm el-Cheikh en Egypte.

« Les ministres des Affaires étrangères se sont retrouvés pour la partie régionale de la conférence et ont été rejoints, le second jour, par le G8 et la Chine ce qui a fait de la conférence une réunion internationale de ministres des Affaires étrangères sur l'Iraq », a expliqué Ashraf Qazi.

Il a rappelé que le communiqué adopté par la conférence exprimait son soutien au processus politique et électoral en Iraq, aux efforts effectués par la gouvernement pour tendre la main aux éléments qui n'avaient pas encore intégré le processus et qu'elle réitérait son soutien au processus décrit dans la résolution 1546 du Conseil de sécurité de l'ONU .

« Le fait qu'il y ait eu finalement unanimité sur ce communiqué a été un développement très positif », a-t-il souligné, même si différents points de vue ont été exprimés au cours de la conférence concernant notamment les préoccupations à l'égard du niveau de violence qui accompagne le processus de transition.

Sur la question des élections, « le sentiment général a été que, s'il est important de tenir ces élections à la date prévue, il est important qu'elles contribuent au processus politique car, si elles n'ont pas la crédibilité voulue, elles pourraient en réalité gêner le processus politique », a indiqué Ashraf Qazi.

Il a également expliqué que cela avait été l'occasion pour le Gouvernement de l'Iraq d'expliquer la logique qui sous-tend les politiques récemment adoptées, notamment en ce qui concerne l'offensive militaire à Fallouja et dans d'autres secteurs.

Les raisons exposées ont été que « ces éléments ne voulaient pas entrer dans un processus de dialogue politique et que, si on leur laissait la possibilité de continuer à être une source de terrorisme et de violence en Iraq, ils constitueraient un obstacle au processus électoral et au processus politique », a exposé M. Qazi.

Sur les élections, le Représentant spécial a indiqué que, dans la mesure où la Commission électorale avait fixé la date des élections au 30 janvier, dans la mesure où le ministre des Affaires étrangères iraquien avait indiqué que son gouvernement était déterminé à tenir les élections à cette date et où la Commission électorale était dans les temps, « il y avait de bonnes raisons de croire que ces élections auraient lieu à la date prévue. »

« Le problème est la sécurité et l'environnement politique », a-t-il toutefois ajouté. Elaborant sur ce thème, le Représentant spécial a souligné que l'insécurité avait pour effet de limiter la capacité de l'ONU à remplir complètement son mandat et que plus largement, elle avait un impact négatif sur le processus politique et électoral.

« Il faut espérer que [...] le Gouvernement va prendre contact avec une série de personnes dont il est possible qu'elles n'aient pas été contactées jusqu'à présent et que cela permettra, il faut le souhaiter, d'aider à minimiser les tensions actuelles et d'améliorer l'environnement en termes de sécurité ce qui est essentiel à la tenue des élections dans les temps », a déclaré Ashraf Qazi.

Interrogé sur les suggestions qui avaient été faites de reculer de six mois les élections, le Représentant spécial a fait observer que c'était au Gouvernement de l'Iraq et à la Commission électorale d'en prendre note et que la composante électorale de l'ONU avait pour seul rôle de conseiller et d'appuyer la Commission électorale.

« Il est possible, a-t-il ajouté, que ces éléments qui demandent un délai supplementaire - et parmi eux, d'ailleurs, certains parlent de boycott - soient contactés et qu'un accord ait lieu qui permette la tenue des élections à la date dite, à la satisfaction de la population irakienne. »

Quant aux critiques concernant le refus de l'ONU d'envoyer plus de personnel en Iraq, elles sont « injustes », a affirmé le Représentant spécial spécial. « Le fait même que nous devions envoyer un noyau minimum de personnel en Iraq traduit à quel point la situation en matière de sécurité est sérieuse et que nous faisons tout ce qui est possible dans des circonstances hostiles », a-t-il fait valoir.

« La décision de nous envoyer dans un environnement aussi difficile a même été critiquée par certains », a-t-il souligné, ajoutant : « Dieu nous préserve d'une tragédie qui remettrait en question la capacité de l'ONU de remplir son mandat en Iraq ! »

 

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