Libéria : l'adieu aux armes des protagonistes de la guerre civile

3 novembre 2004

Trois jours après la date officielle du désarmement et de la démobilisation des factions au Libéria et après une semaine d'affrontements confessionnels à Monrovia, une cérémonie solennelle réunissait aujourd'hui les représentants des trois principales factions engagées dans la guerre civile qui a pris fin en 2003, lesquelles ont accepté de cesser d'exister en tant que forces militaires.

Les représentants du Mouvement pour la démocratie au Libéria (MODEL), des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (LURD) et de l'ex-gouvernement du Libéria, trois factions autrefois en guerre au Libéria, se sont réunis aujourd'hui dans la capitale, Monrovia, pour une « cérémonie solennelle marquant une étape historique dans la mise en oeuvre de l'Accord général de paix signé l'année dernière à Accra », indique aujourd'hui un communiqué de la MINUL, la Mission des Nations Unies au Libéria.

Officiellement, le processus de désarmement et de démobilisation des ex-combattants, mené par la MINUL et entamé en décembre 2003, s'est terminé il y a de cela trois jours, rappelle le communiqué.

Dans une déclaration conjointe, les anciens protagonistes de la guerre civile au Libéria ont affirmé « que leurs forces et leur commandement militaire avaient été 'totalement désarmés et dissous' et que toutes les armes et autres dispositifs armés en leur possession avaient été livrés à la MINUL.

Pour l'avenir, les parties - ayant cessé d'exister en tant que forces militaires - ont accepté lors de la cérémonie d'aujourd'hui de ne pas « utiliser ou transporter » d'armes et se sont engagées à « ne pas recourir à la force, soit individuellement soit de concert, pour quelque raison que ce soit », précise la Mission de l'ONU. A cela s'ajoute la promesse de s'abstenir de « tous actes pouvant entraver la mise en oeuvre de l'accord de paix ».

La guerre civile au Libéria, qui a coûté la vie à près de 150 000 personnes, des civils pour la plupart et déplacé près de 850 000 personnes a provoqué un effondrement total de l'ordre public, débutant à la fin de l'année 1989 lors d'affrontements entre les forces gouvernementales et les combattants se réclamant d'un groupe d'opposition, le Front national patriotique du Libéria (NPFL), dirigé par Charles Taylor (voir l'historique du conflit sur le site de la MINUL).

Pour sa part, le Représentant spécial du Secrétaire général et Coordonnateur des opérations des Nations Unies au Libéria, Jacques Paul Klein, a estimé que la signature de la déclaration conjointe était une réaffirmation du « désir de paix » des factions en guerre.

La MINUL est parvenue en un an au désarmement de plus de 95 000 combattants et à la récolte de 27 000 fusils, 6,84 millions de cartouches et de 29 830 munitions pour armes lourdes – mortiers et roquettes.

Abordant les violents affrontements qui se sont déroulés à Monrovia la semaine dernière (voir nos dépêches du 1er novembre et du 29 octobre), Jacques Paul Klein, qui est aussi chef de la MINUL, a appelé les Libériens à montrer collectivement leur détermination à « ne pas tolérer ceux qui cherchent à saper le processus de paix ».

« La communauté internationale poursuivra son assistance aux Libériens » de bonne volonté afin d'instaurer un Libéria stable, prospère et pacifique, a-t-il déclaré.

Par ailleurs, indique le communiqué de la MINUL, le Président du Gouvernement national de transition, Charles Gyude Bryant, a rendu hommage à la décision « honorable, audacieuse et courageuse » des factions armées de procéder à leur autodissolution pour ramener la paix dans le pays, remerciant à cet égard la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et les casques bleus de l'ONU pour leur rôle dans la mise en oeuvre de l'accord de paix.

Le médiateur du processus de paix, l'ancien chef d'Etat du Nigeria, le général Abdulsalami Abubakar, a exhorté les ex-factions et le peuple du Libéria à « pardonner et oublier » et à participer au processus politique « sans amertume ».

 

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