Libéria : un « calme relatif » rétabli à Monrovia malgré les « vandales »

1 novembre 2004

Monrovia, où les affrontements à connotation religieuse entre chrétiens et musulmans ont fait 16 morts et près de 200 blessés et où le couvre-feu est maintenu pour une durée indéterminée, a retrouvé un « calme relatif », annonce la Mission de l'ONU au Libéria.

Un « calme relatif a pu être rétabli à Monrovia », la capitale du Libéria (carte), depuis qu'ont éclaté les violences à connotation religieuse vendredi dernier indique aujourd'hui un communiqué de la MINUL, la Mission des Nations Unies au Libéria..

Jacques Paul Klein, Représentant spécial du Secrétaire général et Coordonnateur des opérations de l'ONU dans le pays, a repris la parole à la radio, pour la troisième fois depuis le début des événements, précisant que « la coordination et la communication [de la MINUL] avec le gouvernement, la police nationale libérienne et les chefs religieux s'étaient poursuivies dimanche, afin de mettre fin une fois pour toutes aux pillages et aux incendies criminels ».

Cette annonce fait suite à un message relayé aujourd'hui par la MINUL (voir notre dépêche de ce jour), dans lequel le Président de la transition au Libéria, Charles Gyude Bryant, appelait l'ensemble des musulmans et des chrétiens à continuer à pratiquer leurs rites religieux.

« Des patrouilles de police militaire et civile de la MINUL ont réagi aux incidents toute la journée et mis en oeuvre le couvre-feu » instauré par le Président libérien, a déclaré Jacques Klein, qui a précisé que ce dispositif resterait en place de 16 heures à 7 heures du matin « jusqu'à plus ample information », et que les « écoles resteraient fermées ».

« Nous sommes très préoccupés par ces bouleversements dans votre vie quotidienne, et nous tenons pour responsable les voyous et les vandales auteurs de ces violences », a-t-il déclaré, appelant une fois de plus ces derniers à y mettre immédiatement un terme.

Le chef de la MINUL a aussi prévenu que « toute personne trouvée en possession d'une arme serait considérée comme une menace très grave » et qu'elle « serait traitée en conséquence », appelant par ailleurs les « Libériens pacifiques » à prévenir la police de tous détails concernant des activités criminelles, en particulier de l'existence de caches d'armes.

Le Président Bryant avait rappelé hier à tous les signataires de l'Accord de paix inclusif que la période de désarmement des groupes armés prenait fin ce même 31 octobre, et que « quiconque était pris les armes à la main était en infraction avec la loi et passible d'arrestation ».

Selon la MINUL, les affrontements ont causé la mort de 16 personnes, 208 personnes ayant été blessées dont certaines se trouvant dans un état critique. Enfin, 250 personnes ont été arrêtées pour meurtre, incendie criminel et violation du couvre-feu.

La Mission de l'ONU a rappelé par ailleurs qu'il fallait continuer le travail accompli par la communauté internationale pour préparer le retour des personnes déplacées et des réfugiés, réhabiliter les communautés et réinsérer les anciens combattants dans la société.

Le 27 octobre dernier, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) annonçait le départ du plus important convoi de réfugiés libériens en provenance de la Sierra Leone, suivi le 29 octobre de l'annonce du rapatriement de réfugiés libériens en provenance de la Guinée.

 

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