HCR : insécurité au Darfour, troubles dans les camps tchadiens

HCR : insécurité au Darfour, troubles dans les camps tchadiens

Réfugiés soudanais au camp de Breidjing (Tchad)
L'agence de l'ONU pour les réfugiés alerte sur l'apparente escalade des attaques au Darfour, souvent imputées aux mouvements rebelles du Sud-Soudan, et les tensions croissantes dans les camps de réfugiés soudanais du Tchad.

« A l'instar d'autres organisations internationales, nous avons dû annuler des missions sur le terrain » en raison de ce qui ressemble à une escalade des problèmes de sécurité, a indiqué (en anglais) aujourd'hui à Genève, le porte-parole du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Ron Redmond.

Cette décision a été prise par le Coordonnateur de l'ONU chargé de la sécurité après l'enlèvement, jeudi dernier, de 18 Soudanais voyageant en bus sur la route menant de Zalinge à Nyala (carte), a-t-il précisé.

Le porte-parole du HCR a ajouté que les autorités locales avaient accusé l'Armée de libération du Soudan (ALS) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), les deux groupes rebelles du Sud-Soudan, d'être à l'origine de ce kidnapping et que, de façon générale, elles leur imputaient des violations persistantes du cessez-le-feu, les attaques de véhicules gouvernementaux et l'installation de barrages sur des routes fréquentées par les agences humanitaires.

L'insécurité dans le djebel de la Lune, au nord du El Geneina, donne aussi matière à préoccupation ainsi que la région de Mastéri, à 50 km au Sud de la capitale du Darfour-Ouest, a indiqué Ron Redmon. Une équipe du HCR qui s'est rendue dans le secteur avant que n'entrent en vigueur les dispositions suspendant les missions sur le terrain, a trouvé une population en proie à l'inquiétude après l'attaque, attribuée à l'ALS, d'un poste de police, le 10 octobre dernier.

Les interlocuteurs de l'équipe du HCR ont affirmé que, chaque nuit, de petits groupes de 20 à 40 personnes quittaient la région pour le Tchad et que seuls les risques encourrus pendant le trajet faisaient que le mouvement n'était pas plus important.

Ron Redmond a également fait état de troubles dans les camps de réfugiés soudanais au Tchad, les derniers en date s'étant produit au camp de Breijing. Il semblerait que le même groupe ayant créé de graves problèmes déjà à Breijing mais aussi à Farchana en juillet dernier soit à l'origine de ces nouvelles difficultés.

Huit réfugiés, suspectés d'en être les instigateurs, ont été arrêtés par les gendarmes responsables de la sécurité dans les camps au titre d'un accord conclu entre le Gouvernement tchadien et le HCR.

De façon générale, la situation dans les camps est extrêmement tendue, a expliqué Ron Redmond, les ONG (organisations non gouvernementales) Médecins sans frontières-Hollande et Oxfam ayant décidé de quitter le camp de Breijing après que certains de leurs employés aient fait l'objet de menaces.