L'UNESCO condamne le meurtre de deux journalistes au Bélarus et aux Philippines

28 octobre 2004

L'agence de l'ONU pour l'éducation et la culture (UNESCO) a condamné aujourd'hui le meurtre de la journaliste Veronika Cherkasova, poignardée au Bélarus dans un climat d'intimidations contre les médias dans ce pays, quelques jours après l'assassinat, aux Philippines, d'Eldy Gabinales, journaliste radio, qui porte à huit le nombre de journalistes assassinés dans ce pays cette année.

Le directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura, a condamné aujourd'hui le meurtre, le 20 octobre à Minsk, de Veronika Cherkasova, employée par le journal indépendant biélorusse Solidarnost, informe un communiqué de l'agence paru aujourd'hui.

« Je condamne le meurtre de sang-froid de Veronika Cherkasova », a déclaré Koïchiro Matsuura, avant d'ajouter : « cette attaque particulièrement violente ne visait pas seulement une personne, elle visait toute une profession et un droit fondamental, inscrit dans l'article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme ».

Selon l'organisation internationale de défense de la liberté de la presse, l'International Press Institute (IPI), Veronika Cherkasova a été retrouvée morte dans son appartement à Minsk, frappée d'une vingtaine de coups de couteau. La journaliste rassemblait des éléments pour un article sur l'activité de sectes religieuses au Bélarus, indique le communiqué de l'UNESCO.

Selon l'agence, des rapports réguliers de nombreuses organisations professionnelles font état « d'intimidations contre les journalistes nationaux et étrangers au cours des derniers mois au Bélarus », que le directeur de l'UNESCO a qualifié d'alarmantes.

Ce meurtre intervient quelques jours après l'assassinat d'un autre journaliste, aux Philippines, condamné par l'UNESCO dans un communiqué du 21 octobre.

Condamnant le meurtre d'Eldy Gabinales, commentateur d'une radio philippine, le directeur de l'agence a souligné le nombre important de journalistes assassinés aux Philippines.

« On doit mettre fin à ces crimes pour que les Philippines puissent bénéficier pleinement de leur démocratie par ailleurs exemplaire », a déclaré le Directeur général.

Selon la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), Eldy Gabinales, connu comme Eldy Sablas, a été abattu le 19 octobre à Tandag, Surigao del Sur.

« La FIJ fait état d'informations non confirmées, émanant du Syndicat national des journalistes des Philippines (affilié à la FIJ), qui laissent entendre que le journaliste pourrait avoir été tué à cause de ses prises de position contre le trafic de drogue et les jeux clandestins dans sa ville. Il a souvent défendu de telles positions dans son programme sur Radio DXJR-FM », indique le communiqué de l'UNESCO.

« Il est intolérable de voir des professionnels des médias se faire exécuter parce qu'ils ont eu le courage de dénoncer des activités illégales », a déclaré Koïchiro Matsuura, à propos du rapport de la FIJ. « Ces meurtres illustrent le rôle vital joué par les journalistes non seulement pour la démocratie, mais aussi pour le maintien de l'Etat de droit ».

D'après la FIJ, Eldy Gabinales est le 8 ème journaliste assassiné aux Philippines cette année et le 57ème depuis 1986, date de la restauration de la démocratie dans le pays, indique l'agence de l'ONU pour la culture.

 

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