La décision de l'Iran explicitée devant la Conférence générale de l'AIEA en cours à Vienne

23 septembre 2004

La décision de l'Iran de poursuivre ses activités nucléaires malgré la demande du Conseil des gouverneurs de l'agence de l'ONU pour l'énergie atomique de suspendre ces activités a été annoncée par le vice-président iranien lors la Conférence générale de l'agence actuellement en cours à Vienne.

« Pendant pendant plus d'un quart de siècle, en dépit des sanctions, de la discrimination et de huit ans de guerre imposée, notre grande nation a été capable de se tenir debut et de se battre pour l'indépendance et un développement durable », a déclaré le vice-président de l'Iran et président de l'Organisation pour l'énergie atomique iranienne Reza Aghazadeh devant la Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui se déroule actuellement à Vienne et s'achèvera le 24 septembre.

Dans son allocution reproduite sur le site Internet de l'agence, le vice-président iranien expose que « la persistance de sanctions injustifiées touchant différents articles qui ont un impact direct sur les besoins humanitaires ainsi que ceux liés à l'application pacifique de l'énergie atomique ne nous a laissé d'autres choix que de nous mobiliser nationalement de façon à devenir autosuffisant. »

« Le résultat de décennies d'investissements massifs et d'efforts scientifiques de la part de nos éminents experts ont permis des réalisations remarquables dans différentes applications pacifiques de la technologie nucléaire et des différentes étapes de la production de combustible nucléaire », a poursuivi Reza Aghazadeh qui a ajouté que « notre grande nation ne permettra aucune interférence ou interruption de notre programme domestique et purement pacifique et ne l'abandonnera à aucun prix. »

Selon lui, « une nouvelle tendance semble se dessiner ces derniers années, qui si elle n'est pas ramenée à ses justes proportions, peut porter atteinte au Traité et à son système de garanties »

« L'intention apparente, sous couvert d'une recherche accrue de sécurité, est de limiter encore les droits des Etats membres aux applications pacifiques », a-t-il affirmé, ajoutant que « l'appel lancé plus tôt cette année demandant aux Etats qui ne sont par encore équipés pour produire du combustible nucléaire, d'abandonner à jamais ce droit, tirait la sonnette d'alarme. »

Pour Reza Aghazadeh, « certaines des dispositions de la résolution adoptée par le Conseil des gouverneurs la semaine dernière sont contraires à la lettre et à l'esprit des statuts de l'Agence et du TNP et certaines vont au-delà des obligations prévues par les garanties. »

« Demander à un Etat membre de suspendre ou d'arrêter des activités nucléaires telles que l'enrichissement, la transformation d'uranium, la construction d'un réacteur de recherche destiné à produire des radioisotopes à des fins médicales, agricoles et médicales, ce qui n'est en aucune manière interdit par le statut de l'agence et le TNP, dévaluera la crédibilité de cet organe qui a été créé pour promouvoir l'application de l'énergie nucléaire », a-t-il noté.

« Ce genre de mesures mettront en danger les droits inaliénables des Etats membres. Si le Conseil choisit, sous la pression de certains cercles, de poursuivre dans la voie de l'antagonisme et la confrontation, il rendra la situation extrêmement compliquée et imprévisible », a prévenu le vice-président iranien

Il a estimé également qu'il était ironique « que le programme d'armes nucléaires d'Israël soit non seulement toléré mais assisté et aidé et que l'impunité soit la règle appliquée au maximum » à cet égard.

Le vice-président Aghazadeh conclu en assurant, « une fois encore la communauté internationale que toutes les activités nucléaires de la République islamique d'Iran étaient pacifiques » et en l'informant de l'intention de son pays de « poursuivre ses activités nucléaire sans interruption sous la surveillance de l'Agence et en conformité avec les accords de garanties et le protocole additionnel.

Dans une résolution adoptée par le Conseil des gouverneurs de l'AIEA, le 18 septembre dernier, au terme d'une semaine de réunion, celui-ci regrette profondément que la décision de l'Iran de suspendre ses activités d'enrichissement nucléaire, notifiée à l'agence le 29 décembre 2003 et le 24 février 2004, ne soit pas de l'ampleur attendue par l'agence et qu'ensuite l'Iran soit revenue sur sa décision.

Il considère que, dans un souci de promouvoir la confiance, l'Iran doit suspendre immédiatement toutes ses activités liées à l'enrichissement de l'uranium et à la production de combustible.

 

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