« Le monde est en train de perdre la bataille de la paix », affirme le président Lula

21 septembre 2004

Pour le président du Brésil, seules les valeurs humanistes et un sens nouveau de responsabilité collective et individuelle peuvent s'opposer à la montée de la barbarie.

Le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva, a rappelé que sa propre histoire avait été consacrée à tous ceux condamnés au silence par « l'inégalité, la faim et le manque d'espoir », à ceux à qui, selon les mots de Franz Fanon, le passé colonial avait laissé en partage la consigne : « Si vous le voulez, vous avez le droit de mourir de faim. »

Sur les 191 Etats membres de l'ONU, 125 ont été assujettis à la férule de quelques puissances, a-t-il souligné, faisant par ailleurs remarquer que les transformations politiques qui ont suivi, n'ont pas « été transposées dans les domaines économiques et sociaux », a-t-il déclaré.

Or, « l'histoire montre que cela ne se produit pas spontanément », a-t-il fait remarquer, ajoutant qu'en 1820, le revenu par habitant des pays les plus riches était cinq fois supérieur à celui des plus pauvres. « Aujourd'hui, la différence est de 80 fois supérieure », a-t-il précisé.

« L'amour ne peut jaillir de la cruauté. La paix n'émergera pas de la pauvreté et de la faim », a-t-il déclaré. Il a attribué au « désespoir absolu des peuples » la propagation de la haine et des actes insensés dans le monde, rappelant que pendant la seule année en cours, plus de 1 700 personnes étaient mortes des conséquences d'actes terroristes à Madrid, Baghdad, Jakarta…

« L'humanité est en train de perdre la bataille de la paix », a-t-il affirmé. « Seules les valeurs éclairées de l'humanisme [...] sont capables de s'opposer à la barbarie. »

A ses yeux, « la situation impose aux peuples et dirigeants du monde un sens nouveau de responsabilité collective et individuelle. »

« Si la paix est notre objectif, il nous faut l'édifier », a-t-il déclaré avant de citer plus avant dans son allocution, la remarque du président américain Franklin Delanoë Roosevelt : « La seule chose qui doit nous faire peur est la peur elle-même. »

Il a rappelé qu'hier, « au cours d'une réunion historique, plus de 60 dirigeants du monde se sont rassemblés pour donner un nouvel élan à l'action internationale contre la faim et la pauvreté » et s'est dit convaincu que le lancement de ce processus porterait à un nouveau niveau la lutte contre la pauvreté mondiale.

« Aucune instance ne se prête mieux à la convergence du monde vers des objectifs communs que les Nations Unies », a-t-il déclaré par ailleurs, ajoutant que « le Conseil de sécurité était la seule source de légitimité dans le secteur de la paix et de la sécurité internationales » mais faisant également remarquer que sa composition devait refléter les réalités du jour.

« Les difficultés inhérentes à tout processus de réforme ne doivent pas nous faire perdre de vue son caractère d'urgence », a-t-il souligné.

 

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