Vaccin anti-VIH en vue : plus impliquer les femmes et les jeunes, conclut la réunion OMS/ONUSIDA

31 août 2004

Constatant que les femmes et les jeunes, particulièrement exposés à l'infection par le VIH/sida, seraient parmi les principaux bénéficiaires d'un futur vaccin, les experts réunis par deux agences de l'ONU ont recommandé de les faire participer davantage aux essais cliniques au moment où les pays du G8 ont décidé d'investir dans la mise au point et le développement d'un vaccin.

La réunion organisée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'ONUSIDA, le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida, a réuni pour la première fois 40 experts venus du monde entier pour aborder l'impact éventuel du sexe et de l'âge mais aussi de la race sur les essais cliniques et la recherche sur le vaccin contre le VIH, indique un communiqué (en anglais) de l'OMS publié aujourd'hui.

« Nous avons identifié les mesures visant à rectifier l'injustice découlant de la fréquente exclusion ou de la faible participation des femmes et des adolescents dans les essais cliniques du vaccin contre le VIH. Ces essais cliniques doivent s'efforcer d'être plus inclusif de telle sorte que les bénéfices tirés de la recherche soient plus équitablement répartis », déclare le docteur Ruth Macklin, professeur de bioéthique au Albert Einstein College de médecine de la ville de New York qui co-présidait la réunion.

Les études montrent que les femmes, quand elles sont exposées au VIH, courent au moins deux fois plus de risques d'être infectées que les hommes. Dans certains secteurs d'Afrique subsaharienne, le risque devient six fois plus important pour les jeunes femmes que pour les hommes.

Les jeunes sont également fortement exposés. La moitié environ des nouvelles infections dans le monde en développement se produisent chez des jeunes âgés de 15 à 24 ans.

« En dépit de cette réalité épidémiologique, les femmes et les adolescents, en particulier, les jeunes filles, sont très peu impliqués dans les essais cliniques sur les vaccins contre le VIH alors qu'ils seraient les principaux bénéficiaires de ce vaccin », souligne le docteur Saladin Osmanov, qui est en charge de la coordination de l'initiative OMS/ONUSIDA sur le vaccin contre le VIH.

Plus de 30 vaccins prometteurs sont actuellement testés dans le cadre d'essais cliniques sur des humains qui ont commencé, pour la majorité, au cours des quatre dernières années dans 19 pays différents, indique le communiqué de l'OMS.

Les obstacles qui s'opposent à la création d'un vaccin contre le sida sont essentiellement d'ordre scientifique mais aussi économique en raison du manque d'intérêt porté par le secteur privé au développement du produit.

Une initiative des pays du G8 (l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, la France, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et la Russie plus l'Union européenne) qui, en juin dernier, ont décidé de prendre en charge les coûts de développement d'un vaccin contre le sida, a donné une nouvelle impulsion à la recherche dans ce secteur.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.