L'Australie également en faveur d'un traité sur les matières fissiles

12 août 2004

Après le Japon, l'Australie s'est à son tour prononcée ce matin en faveur d'un traité d'interdiction des matières fissiles, soulignant que cela permettrait en outre de sortir la Conférence du désarmement de sept ans d'inaction dommageable pour sa réputation alors que le Président de la Conférence soulignait que cette léthargie était la conséquence inévitable de la politique du tout ou rien.

Après « sept ans d'inaction qui ont porté atteinte à la réputation et à l'intégrité de la Conférence et soulèvent des questions fondamentales quant à son avenir, l'Australie est disposée à appuyer toute proposition concernant un programme de travail pouvant recueillir l'appui de tous les membres de la Conférence », a déclaré le représentant de l'Australie, Mike Smith, lors de la séance plénière de la Conférence du désarmement qui s'est tenue ce matin à Genève sous la présidence de l'Ambassadeur du Maroc Omar Hilale.

« C'est pourquoi l'Australie salue la déclaration faite par les États-Unis le 29 juillet dans laquelle ce pays réaffirme son appui à un traité d'interdiction de la production de matières fissiles destinées à la fabrication d'armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs nucléaires », a poursuivi le représentant, cité dans un communiqué émanant de l'ONU à Genève.

Le 6 août dernier, le représentant du Japon, Yoshiki Mine, s'était déjà prononcé dans le même sens. Il avait lancé un appel aux Etats participant à la Commission du désarmement afin qu'ils tirent parti de l'élan donné par la proposition des Etats-Unis sur le traité d'interdiction des matières fissiles destinées à la fabrication d'armes nucléaires ou autres dispositifs explosifs nucléaires (FMCT), plaidant pour que la question soit examinée dans son ensemble.

Quant au Président Hilale, dont le mandat se termine cette semaine, il a dit attendre avec beaucoup d'intérêt l'arrivée annoncée de l'équipe d'experts venant présenter les différents aspects d'un traité interdisant la production des matières fissiles. Il a également jugé « louable à plus d'un titre » l'initiative américaine sur la vente à l'export des mines persistantes.

Il a par ailleurs lancé un appel au pragmatisme.

« Au moment où les arsenaux nucléaires s'accumulent et se modernisent continuellement, que la militarisation de l'espace se poursuit imperturbablement, que de nouvelles armes encore plus meurtrières sont mises au point, que des armes de destruction massive prolifèrent à grande échelle suscitant une inquiétude mondiale, que les instruments internationaux en matière de désarmement sont soit violés soit reniés, que le terrorisme nucléaire, chimique ou biologique représente une menace à l'échelle planétaire et que les attentes internationales en matière de désarmement soient plus que jamais pressantes, la Conférence sombre désespérément dans son impuissance à transcender les divergences de ses membres », a-t-il fait valoir.

« La léthargie de la conférence, depuis bientôt huit ans, est la conséquence inévitable de la démarche stérile de tout ou rien », a ajouté le Président.

 

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