Agir pour que la Côte d'Ivoire renoue avec son ancienne gloire, insiste Kofi Annan

29 juillet 2004

En marge du Sommet lui-même, Kofi Annan a inlassablement vanté la stabilité, la prospérité qu'a connue la Côte d'Ivoire aujourd'hui divisée en deux tout en soulignant les efforts faits par un grand nombre de dirigeants du continent pour aider le pays à sortir de l'impasse.

Hier soir, à l'issue de son entretien avec le Président Sud-africain Thabo Mbeki, le Secrétaire général de l'ONU, répondant aux questions des journalistes, a fait valoir l'importance que revêtait la stabilité de la Côte d'Ivoire.

Il s'agit « d'un pays qui a connu la stabilité pendant si longtemps, un pays qui a été prospère et a vécu en paix, un pays qui a joué un grand rôle économique et politique dans la région, il est important qu'il renoue avec la gloire des jours anciens », a affirmé Kofi Annan qui a ajouté que c'était possible, que la Côte d'Ivoire avait les gens talentueux et sérieux pour cela.

Faisant observer que « nous avons tendance en Afrique de dire que nous ne voulons pas nous mêler des affaires de nos voisins mais nous avons découvert au fil des ans que les problèmes ne restaient jamais intérieurs très longtemps », il a affirmé qu'avec des réfugiés qui traversaient maintenant les frontières, des personnes déplacées à l'intérieur du territoire et « un beau pays coupé en deux », il était temps d'agir.

Auparavant, au cours d'une rencontre avec la presse qui avait précédé son entrevue avec le Président ghanéen John Kufuor, le Secrétaire général avait indiqué que, depuis le Sommet de l'Union africaine à Addis-Abeba en début de mois, des progrès avaient réalisés en Côte d'Ivoire. Des contacts sérieux avaient eu lieu entre le président Gbagbo et ses voisins. La commission mixte Côte d'Ivoire/Burkina Faso s'est rencontrée ainsi que la commission Côte d'Ivoire/Mali.

Il a ajouté que la veille, avait eu lieu une entrevue entre les Présidents de la Côte d'Ivoire, du Burkina Faso et du Mali. « La réunion d'Addis-Abeba et celles qui ont suivies sont les premières depuis de nombreux mois si ce n'est plus d'une année. Aussi ai-je tout lieu de croire que nous progressons », a déclaré Kofi Annan.

« D'autres dirigeants, présents ici, se sont engagés. Le Président Obasanjo (du Nigéria) et le Président Bongo (du Gabon) ont été en contact et seront présents » au Sommet, a également indiqué Kofi Annan.

Quant au Président John Kufuor, soulignant que le problème ivoirien avait pris des proportions internationales, il a estimé que la présence du Secrétaire général allait servir à ce stade à faire avancer les choses.

« La délégation du Conseil de sécurité est venue la première et maintenant vous voilà. Tout cela devrait faire comprendre à nos frères en Côte d'Ivoire que le sujet n'est plus local désormais et que le monde entier observe ce qui se passe et qu'il n'est plus temps de cultiver des ambitions politiques personnelles », a déclaré John Kufuor.