Kofi Annan à Accra a appelé toutes les parties ivoiriennes à assumer leurs responsabilités

29 juillet 2004

La communauté internationale est prête à vous aider mais elle observera aussi attentivement la façon dont vous vous emparerez de « l'occasion unique » fournie par ce Sommet, a déclaré Kofi Annan lors de la réunion au sommet qui se tenait aujourd'hui au Ghana sur la question ivoirienne.

« Cette réunion représente une unique opportunité de remettre le processus de paix en Côte d'Ivoire sur la bonne voie », a déclaré Kofi Annan qui ouvrait aujourd'hui la réunion au sommet réunie à Accra pour tenter de trouver une issue à la crise dans ce pays.

En présence du Président du Ghana, qui co-préside à ses côtés ce Sommet, du Président du Nigéria, de nombreux Chefs d'Etat, du Secrétaire exécutif de la CEDEAO (Communauté économique des Etas d'Afrique de l'Ouest, le Secrétaire général de l'ONU a lancé un appel à toutes les parties ivoiriennes pour qu'elles « profitent pleinement de cette occasion. »

« Je compte sur vous pour que vous mettiez de côté les intérêts partisans et personnels et que vous travailliez ensemble en étant prêts à prendre des engagements et à trouver des compromis », a déclaré Kofi Annan.

Réaffirmant que les accords de Linas-Marcoussis « constituent toujours la feuille de route permettant de résoudre cette crise et mettre fin aux longues et profondes souffrances du peuple de Côte d'Ivoire », il a mis l'accent sur les mesures à ses yeux prioritaires, citant en tout premier lieu la reconstitution du Gouvernement de réconciliation nationale, ce qui « veut dire clarifier la délégation des pouvoirs entre le Président et le Premier ministre », a-t-il ajouté.

Il a également exhorté les parties ivoiriennes « à faire preuve de flexibilité à propos de l'article 35 [de l'accord de Linas-Marcoussis] qui traite du critère d'éligibilité à la candidature à la présidence. »

Kofi Annan a également indiqué qu'il espérait que les protagonistes parviendraient à un consensus sur l'adoption et l'application de la législation prévue par l'accord et il a cite le code de nationalité, la composition de la Commission électorale indépendante, le régime de jouissance des terres et le processus d'identification.

Il a également exhorté les parties ivoiriennes à « mettre fin aux violations des droits de l'homme et au climat d'impunité prévalant dans l'ensemble du pays » et a dit avoir été extrêmement préoccupé par les informations récentes concernant les « sérieuses violations des droits de l'homme à Korogho ainsi que celles qui se sont produites pendant les événements des 25 et 26 mars à Abidjan. »

« Mes chers amis, a-t-il conclu, il est crucial, si nous voulons progresser, d'avoir des discussions franches. L'ONU, la CEDEAO, l'Union africaine et la communauté internationale restent prêtes à vous aider. »

Toutefois, a poursuivi le Secrétaire général, « mon Représentant spécial me fera rapport de la mise en œuvre des engagements pris au cours de cette réunion de telle sorte que je puisse pleinement informer le Conseil de sécurité. »

« Je rappelle à tous les dirigeants leur responsabilité individuelle dans la mise en œuvre de l'application pleine et entière des accords de Linas-Marcoussis. Et quand je parle de tous les dirigeants, je parle de tous et pas seulement du Président Gbabgo », a ajouté Kofi Annan.

Avant que le Sommet ne commence, le Secrétaire général s'était entretenu avec le Président du Mali, Alpha Oumar Konare, président de commission de l'Union africaine, avec lequel il a parlé du Sommet mais a également évoqué la question soudanaise.

Il a ensuite rencontré le Président de la Côte d'Ivoire avec lequel il a fait le point sur la mise en œuvre des engagements que Laurent Gbagbo avait pris à Addis-Abeba.

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