Kofi Annan à Bangkok : à maladie hors du commun, mesures d'exception

11 juillet 2004

Le Secrétaire général de l'ONU a alerté les participants de la Conférence de Bangkok sur le sida sur la tournure alarmante que prenait l'épidémie qui touche désormais plus de femmes que d'hommes, contamine l'Asie à un rythme accéléré et rend nécessaire la mise en place des mesures exceptionnelles à la mesure d'une maladie qui l'est aussi.

Le Secrétaire général de l'ONU a alerté les participants de la Conférence de Bangkok sur le sida sur la tournure alarmante que prenait l'épidémie qui touche désormais plus de femmes que d'hommes, contamine l'Asie à un rythme accéléré et rend nécessaire la mise en place de mesures exceptionnelles à la mesure d'une maladie qui l'est aussi.

S'adressant aux participants de la XVe Conférence internationale sur le sida, le Secrétaire général de l'ONU a fait observer que cette réunion était doublement opportune, parce qu'elle avait lieu en Thaïlande, un pays qui avait remporté des succès remarquables dans sa lutte contre le sida mais aussi parce que l'Asie dans son ensemble connaît une progression alarmante du virus.

Il a noté que nombre de pays étaient représentés à la Conférence par leurs ministres de la Santé alors que, a-t-il insisté, la lutte contre le sida nécessite la mobilisation de tous les membres du Gouvernement.

Rappelant les progrès réalisés, les ressources significatives promises, individuellement par les Etats membres et via le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, les stratégies nationales, la collaboration avec la société civile, malgré tout cela, a déclaré Kofi Annan, « nous n'avons pas réussi à atteindre plusieurs des objectifs fixés par la Déclaration du Millénaire [...] alors que nous avons assisté à l'émergence d'une terrible tendance : dans le monde entier, ce sont les femmes qui sont de plus en plus touchées par l'épidémie. »

Enfin, a-t-il fait remarquer, un tiers des pays n'a toujours aucune politique permettant aux femmes d'avoir accès à la prévention et aux soins. « Sachant ce que nous savons aujourd'hui, comment cela est-il possible ? » a interrogé Kofi Annan.

Il a défini trois domaines d'action : l'amélioration des infrastructures de soins et de prévention, citant en exemple des programmes qui, en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie, avaient fait la preuve que cette politique pouvait s'avérer fructueuse quel que soit le contexte, la responsabilisation des femmes et des fillettes de telle sorte qu'elles apprennent elles-même à se protéger du virus et enfin un plus fort leadership, y compris au plus haut niveau.

Cela signifie « donner l'exemple [...], affecter les ressources nécessaires dans les budgets nationaux » et, aux yeux de Kofi Annan, cela n'implique pas nécessairement par les seules autorités au pouvoir mais également « les pères, maris, fils et oncles qui défendent et affirment les droits des femmes. »

« Le leadership vient des professeurs qui encouragent les rêves et les aspirations des fillettes, des docteurs, des infirmières, des conseillers qui écoutent et soignent sans juger. Le leadership vient des médias qui sortent le sida de l'ombre et encouragent les gens à faire des choix responsables [...], des hommes qui s'assurent que d'autres hommes assument leur responsabilité en s'abstenant de conduites sexuelles mettant les autres en danger », a déclaré Kofi Annan.

Cela « signifie oser faire les choses différemment parce que l'on réalise que le sida est un maladie différente, une maladie unique dans l'expérience humaine et qui requiert que nous nous dressions unis pour la combattre », a-t-il ajouté.

La XVe Conférence internationale sur le SIDA qui se déroule à partir d'aujourd'hui jusqu'au 16 juillet prochain à Bangkok en Thaïlande, a, cette année, pour thème « L'accès pour tous ».

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