Ex-Yougoslavie : si Karadzic et Mladic sont encore en liberté en 2008, le Procureur demandera la poursuite des travaux du Tribunal

1 juillet 2004

Déplorant le non-respect des obligations internationales et l'absence de coopération entre la Bosnie et la Serbie et Monténégro, la porte-parole du Bureau du Procureur du Tribunal de l'ONU pour l'ex-Yougoslavie a indiqué que tout espoir n'était pas perdu concernant l'arrestation de Radovan Karadzic et de Ratko Mladic, des moyens de pression existant à l'encontre de ces deux pays.

Si l'ex-dirigeant bosno-serbe Radovan Karadzic, accusé de génocide, de complicité de génocide, de crimes contre l'humanité et de violations des lois de la guerre et le général bosno-serbe Ratko Mladic sont encore en liberté en décembre 2008, le Bureau du Procureur demandera que le Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) poursuive ses travaux au-delà de décembre 2008, a déclaré hier Florence Hartmann lors d'un point avec la presse à La Haye, au siège du TPIY.

Interrogée sur le point de savoir si le Procureur « sapait », par ses déclarations qui équivalaient à prévenir les inculpés, les efforts effectués pour arrêter Karadzic ou de Mladic , elle a précisé qu'il n'y avait « pas d'opération secrète en cours », et qu'il n'y avait aucun risque, « puisque les autorités de la Republika Srpska ne prenaient aucune mesure ».

Le Procureur reste toutefois optimiste quant à l'arrestation prochaine de ces individus, a-t-elle ajouté, précisant que « le Tribunal ne disposait pas de sa propre police, et dépendait d'autres personnes pour les arrestations ».

« Des requêtes spécifiques ont été émises par des personnes ayant une influence en Bosnie », a-t-elle indiqué, ajoutant que « soit la SFOR [la Force de stabilisation de la Mission de maintien de la paix de l'ONU en Bosnie], qui a compétence pour les arrestations, soit le Bureau du Haut Représentant, qui a compétence sur les autorités locales auxquelles incombe la responsabilité des arrestations, ont exercé des pressions afin de garantir une arrestation d'ici à la fin du mois ».

« La Bosnie est un candidat au Programme de Partenariat pour la paix, et l'OTAN a clairement indiqué qu'elle perdrait sa chance d'y accéder cette année si les inculpés n'étaient pas arrêtés », précise le communiqué.

Le porte-parole du Tribunal, Jim Landale, a ajouté que cela faisait 9 ans que Mladic et Karadzic avaient été officiellement inculpés, et qu'il était grand temps qu'ils soient transférés au Tribunal.

Hier, lors d'un exposé devant le Conseil de sécurité de l'ONU, à New York, le juge Theodor Meron, qui préside le TPIY, a clairement rappelé que les travaux du Tribunal ne seraient pas achevés tant que ces individus, dont les noms ont été maintes fois rappelés par le Conseil de sécurité et par le Tribunal – Karadzic, Mladic, Gotovina, entre autres – ne seraient pas transférés.

Florence Hartmann a en outre précisé que ces individus étaient des fugitifs tant en Bosnie qu'en Serbie et Monténégro, et qu'ils passaient leur temps à traverser les frontières. « C'est pourquoi les autorités bosniaques devraient surveiller leurs frontières », a-t-elle souligné, ajoutant que s'il y avait une complète coopération, cela ne serait pas un problème car ils seraient arrêtés d'un côté ou de l'autre, a-t-elle ajouté. « Le vrai problème est celui du non-respect de l'obligation juridique internationale. ».

Par ailleurs, le porte-parole du Tribunal a rappelé, à propos du procès de Slobodan Milosevic, que l'exposé de la défense allait s'ouvrir le lundi 5 juillet, pour durer plusieurs semaines. L'ex-Président de la Serbie a été autorisé à faire une déclaration introductive de quatre heures, précise le communiqué du TPIY.

 

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