Centrafrique : Kofi Annan met l'accent sur la situation géostratégique du pays par rapport au Darfour

30 juin 2004

« J'encourage les partenaires à prendre en compte la position géostratégique de la République centrafricaine (RCA) pour focaliser davantage leur attention sur l'impact humanitaire et sécuritaire du conflit dans la région soudanaise du Darfour », déclare le Secrétaire général dans un rapport au Conseil de sécurité sur les activités du Bureau de l'ONU en RCA.

« J'encourage les partenaires à prendre en compte la position géostratégique de la République centrafricaine (RCA) pour focaliser davantage leur attention sur l'impact humanitaire et sécuritaire du conflit dans la région soudanaise du Darfour », déclare le Secrétaire général dans un rapport au Conseil de sécurité sur les activités du Bureau de l'ONU en RCA.

« En effet, la persistance de cette crise poussera inexorablement vers la République centrafricaine nombre de réfugiés soudanais installés dans des camps aménagés à moins de 50 kilomètres de la frontière tchado-centrafricaine », poursuit Kofi Annan dans son rapport, rendu public hier, qui retrace les principales évolutions politiques, socio-politiques et militaires, ainsi que les activités du Bureau des Nations Unies en RCA (BONUCA) de janvier à juin.

« Un tel scénario aurait de fâcheuses répercussions sur la vie des populations centrafricaines déjà éprouvées par des tensions politiques internes et une situation socioéconomique nationale précaire », y fait-il observer.

La situation politique est marquée par le lancement du processus électoral en vue du retour à la légalité constitutionnelle et à l'état de droit en 2005, note le rapport, qui rappelle que le « le gouvernement de transition a adopté un calendrier électoral”, et que se poursuivent l'élaboration de projets de constitution, de code électoral, d'ordonnances sur les parties politiques et sur le statut de l'opposition, sur la Cour constitutionnelle et sur la décentralisation.

Le processus électoral, qui doit rétablir la légalité constitutionnelle et la primauté du droit après le coup d'Etat du 15 mars 2003 ayant porté au pouvoir le général François Bozizé, se poursuit, le chef de l'État ayant signé et promulgué, le 30 avril 2004, l'ordonnance portent création de la Commission électorale mixte indépendante (CEMI) et le décret portant organisation et fonctionnement de celle-ci.

La sécurité reste un problème qui continue de préoccuper les autorités centrafricaines, note le Secrétaire général qui indique que « au cours de la période sous revue, l'insécurité s'est manifestée de manière plus intense dans les provinces, notamment en zones rurales, où les populations civiles sont en proie aux exactions[...] en particulier des « ex-libérateurs », qui ont assisté militairement le général Bozizé lors du coup d'État du 15 mars 2003 ».

Ces derniers se sont encore livrés, au mois d'avril dernier, à des manifestations pour réclamer « les primes promises » moyennant leur appui à la rébellion qui a permis de renverser le régime en place le 15 mars 2003.

Celles-ci ont fait 10 morts et une quinzaine de blessés, lors de violents affrontements avec les forces régulières appuyées par celles de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC).

Après ces événements, la situation sécuritaire s'est quelque peu améliorée dans la capitale, où règne un calme relatif, grâce aux nombreuses patrouilles des forces de défense et de sécurité appuyées par la Force multinationale de la CEMAC, la FOMUC (Force multinationale en Centrafrique).

Dans un communiqué du 28 juin dernier, le BONUCA soulignait encore la précarité de la situation dans le pays, notamment, notamment en matière de droits de l'homme et le rapport du Secrétaire général de conclure : « La République centrafricaine demeure dans une situation globalement fragile ».

Louant l'adoption d'une « gestion consensuelle de la transition » dans la perspective d'un retour à l'ordre constitutionnel par l'organisation d'élections législatives et présidentielle crédibles en 2005, le Secrétaire général établit la liste des actions prioritaires à mener par les institutions de la transition, à savoir : le rétablissement de la sécurité, l'assainissement des finances publiques par la prise en charge effective et régulière des dépenses gouvernementales, notamment les salaires, bourses et pensions, la relance de l'activité économique et la préparation des élections.

 

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