La société civile a un rôle à jouer dans le conflit israélo-palestinien, déclare Kofi Annan

16 juin 2004

La société civile, compte tenu de l'impasse actuelle dans le conflit israélo-palestinien, doit jouer un rôle nouveau, car, en des circonstances exceptionnelles, elle est susceptible d'« aller là où les politiciens sont réticents à aller » et de « tester les possibilités d'actions futures », a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, dans un message lu, mercredi à Beijing, lors du Séminaire international des médias.

« Je sais que vous partagez mon profond désarroi quant à l'impasse que connaît le processus politique, la peur et l'amertume qui prévalent des deux côtés, et quant à l'escalade de la violence et des destructions dont nous avons été témoins ces dernières semaines », a affirmé Kofi Annan, dans son discours prononcé en son nom par Shashi Tharoor, Secrétaire général adjoint à la communication et à l'information de l'ONU.

Le Secrétaire général a rappelé que, malgré la clarté de la Feuille de route du Quatuor, composé des Etats-Unis, de la Fédération de Russie, des Nations Unies et de l'Union européenne, son acceptation par les deux parties et la nature raisonnable et réciproque de ses dispositions, qui visent à l'établissement de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte, les efforts de mise en œuvre demeuraient largement insatisfaisants.

« C'est lors de moments aussi sombres que nous avons besoin que la société civile joue son rôle », a estimé Kofi Annan, ajoutant que « les organisations non gouvernementales, les mouvements citoyens et d'autres disposent souvent d'une plus grande liberté de parole et d'action que les gouvernements et autres représentants des Etats ».

Kofi Annan a ainsi salué l'initiative de Genève et la déclaration de principes d'Ayalon et de Nusseibeh, « exemples parfaits des efforts très encourageants menés par des Israéliens et des Palestiniens de premier plan pour trouver des possibilités de régler des questions du statut final, telles que celle de Jérusalem, des colonies et des réfugiés ». Ces initiatives, a-t-il souligné, « même si elles ne constituent pas un substitut aux négociations officielles diplomatiques entre l'Etat d'Israël et l'Autorité palestinienne, méritent des éloges en tant qu'initiative courageuse de la société civile pour sortir de l'impasse ».

« Il serait particulièrement utile dans le climat actuel que les membres de la société civile des deux côtés du conflit israélo-palestinien rassemblent leurs efforts pour contester l'idée selon laquelle il n'y a pas de partenaire sérieux pour la paix des deux côtés », a poursuivi le Secrétaire général. « Au contraire, les sondages, les nouvelles des médias et d'autres informations montrent sans cesse qu'il existe de solides majorités de chaque partie épuisée par le conflit, prêtes à des compromis même sur les questions les plus sensibles, et disposées à entrer dans une nouvelle ère de leurs relations ».

Selon Kofi Annan, « le retour vers la Feuille de route sera difficile. Mais le statu quo est simplement inacceptable ».

Décideurs politiques, anciens ou en exercice, d'Israël, de l'Autorité palestinienne et de l'Union européenne, hauts fonctionnaires des Nations Unies, experts internationaux et représentants des médias internationaux sont réunis à Beijing jusqu'à jeudi pour un séminaire de deux jours, organisé conjointement par le Département de l'information (DPI) des Nations Unies et la Chine, et consacré au « rôle de la société civile pour promouvoir une paix juste et durable au Moyen-Orient ».

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