Afghanistan : malgré la sécurité toujours précaire, le HCR encourage les retours en creusant des puits

17 mai 2004

Une explosion s'est produite à proximité du bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Mainama, en Afghanistan, sans faire de victimes ni de dégâts, tandis que le HCR poursuit ses activités de percement de puits et d'approvisionnement en eau, la peur de manquer d'eau restant le frein le plus souvent cité au retour des réfugiés afghans.

Une explosion a eu lieu la nuit dernière, « causée par un engin explosif improvisé, à 20 mètres environs du bureau du HCR à Maimana », a confirmé le porte-parole de la Mission de l'ONU en Afghanistan, la MANUA, indique un communiqué paru aujourd'hui.

L'explosion d'une « cocotte minute placée sous des vêtements, dans un marché en construction », n'a heureusement fait ni victimes ni dommages a précisé Manoel de Almeida e Silva, le porte parole de la MANUA. Elle intervient néanmoins à la suite de l'explosion d'un véhicule électoral, le 10 mai dernier au Sud-ouest de Jalalabad, dont les six occupants sont sortis indemnes, et après le meurtre de deux employés internationaux et de leur interprète afghan, en mission dans la province de Nuristan, limitrophe du Pakistan, le 5 mai dernier.

Par ailleurs, indique le porte-parole de la MANUA, le HCR s'efforce de favoriser le retour des familles de réfugiés en Afghanistan.

La semaine dernière, un groupe de 215 familles ouzbèkes, soit 1000 personnes environ, a quitté le Centre de départ de Baleli, à Quetta au Pakistan, pour retrouver son village natal de Sayyad, dans la province de Sar-i-Pul, après de nombreuses années d'exil au Pakistan, à Karachi, Hyderabad, Quetta et Rahim Yar Khan.

A Karachi, au Baloutchistan au Punjab, le HCR a identifié un total de 12 689 familles ayant exprimé le voeu de retourner en Afghanistan.

Cependant, l'obstacle au retour le plus fréquemment cité par les familles est l'accès à l'eau potable ou l'absence de points d'eau et de canaux d'irrigation mais aussi d'hébergement dans leur lieu d'origine.

En conséquence, note le communiqué, le HCR a établi une étroite collaboration avec le Département des eaux du Ministère de la réhabilitation et du développement rural en Afghanistan, qui a permis la construction ou la réhabilitation de 6 143 puits et points d'eau en 2002 et en 2003.

En 2002, le projet de construire 2 898 puits a été mené à bien à 99%, notamment dans les régions du Centre et de l'Ouest.

La question de la sécurité continue toutefois de peser sur le développement. Le plan pour 2003 n'a été achevé qu'à 91% à la fin du mois d'avril, a indiqué le porte-parole, précisant que la mise en œuvre de 8% du programme, correspondant à la construction de 302 puits, a dû être annulée, dans les régions du Sud et du Sud-Est, principalement pour des raisons de sécurité.

La collaboration établie avec le Comité de l'assistance du Danemark pour l'aide aux réfugiés afghans a porté également sur le volet sanitaire, permettant de construire 4 618 bains et latrines en 2003.

Pour l'année 2004, le HCR a alloué plus de 3,7 millions de dollars aux programmes relatifs à l'approvisionnement en eau et à l'hygiène en Afghanistan, dont la gestion a été répartie par la signature d'un accord entre le HCR, le Ministère de la réhabilitation et du développement rural et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Aux termes de cet accord portant sur 1,78 millions de dollars, le Ministère mettra en œuvre les activités financées par le HCR. 190 000 réfugiés devraient ainsi bénéficier du percement de 1 250 points d'eau, d'une éducation en matière d'hygiène et de l'amélioration des conditions sanitaires, grâce à la construction de près de 2000 latrines, indique le communiqué.

Une autre partie des fonds sera mobilisée pour des projets mis en œuvre directement par le HCR, a déclaré le porte-parole.

 

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