L'ONU va lancer une action de grande ampleur en faveur des personnes déplacées de Colombie

10 mai 2004

Bien que les meurtres et les kidnappings aient diminué en Colombie, la situation humanitaire est devenue la plus grave de l'hémisphère occidental, a indiqué aujourd'hui le Coordonnateur humanitaire de l'ONU qui a précisé qu'au cours des 3 ou 4 dernières années, la population des personnes déplacées, aujourd'hui évaluée à 2 millions de personnes, avait doublé.

De retour d'une visite officielle en Colombie, le Secrétaire adjoint aux affaires humanitaires de l'ONU, Jan Egeland a attiré l'attention sur la situation d'un pays qui se situe au troisième rang des pays ayant la plus large population déplacée au monde, derrière la République démocratique du Congo (RDC) et le Soudan.

« C'est pourtant dans une grande mesure une crise oubliée », a-t-il fait observer lors d'une conférence de presse qui s'est déroulée au Siège de l'ONU à New York.

« La Colombie a été le siège au cours de ces dernières années d'une sale guerre qui n'a cessé de s'étendre, les forces paramilitaires et les guérillas attaquant systématiquement les civils dont ils pensent qu'ils soutiennent l'autre bord », a-t-il ajouté.

Les déplacements de populations qui en ont résulté, ont créé un risque supplémentaire en termes de sécurité pour la Colombie dans la mesure où ils ont permis le recrutement en masse de millions de jeunes qui sont allés grossir les rangs des guérillas, des forces paramilitaires et de la mafia de la drogue, a expliqué M. Egeland qui a été Conseiller spécial de l'ONU pour la Colombie.

Il a indiqué que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) qu'il dirige, va lancer, le mois prochain, un nouveau plan de grande ampleur qui, pendant 18 mois, va s'attacher à mettre en place des projets concrets destinées aux personnes déplacées. Ce plan se substituera à celui plus modeste lancé, il y a deux ans.

L'aide apportée par les Etats-Unis a permis de faire baisser la petite criminalité mais la politique menée dans le secteur du cacao est très controversée parmi les organisations non gouvernementales (ONG) et dans le pays dans son ensemble.

Quant au commerce de la drogue, générateur de misère aux deux extrémités de la chaîne allant du producteur au consommateur, c'est encore les producteurs qui en souffrent le plus, a expliqué Jan Egeland.

Il a indiqué avoir parlé, au cours de son séjour, au Président colombien Alvaro Uribe et à ses ministres, à 60 représentants d'ONG et à 25 représentants de pays concernés et avoir vivement recommandé de consacrer plus de ressources aux personnes déplacées.

Or l'essentiel de la dépense publique va au financement de la guerre civile et au paiement de la dette, , a-t-il souligné.

Ce sont les Indiens de Colombie et les Afro-indiens qui paient le plus élevés de cette guerre de la drogue. Certaines tribus indiennes sont en voie d'extinction, a indiqué M. Egeland, précisant que des amis qu'il s'était faits alors qu'adolescent, il avait passé un mois dans le pays, avaient tous été massacrés ou avaient été dispersés sous les assauts des mafias de la drogue et des forces paramilitaires.

 

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