Renforcement du partenariat avec institutions provisoires, annonce le chef de la Mission de l'ONU au Kosovo

29 avril 2004

Présentant à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, la multiplicité des tâches à accomplir d'ici à l'année prochaine, encore compliquée par les violences de mars, le chef de l'ONU au Kosovo a indiqué son intention de renforcer le partenariat avec les institutions provisoires et de mettre plus que jamais en oeuvre les Normes pour le Kosovo.

Présentant à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, la multiplicité des tâches à accomplir d'ici à l'année prochaine, encore compliquée par les violences de mars, le chef de l'ONU au Kosovo a indiqué son intention de renforcer le partenariat avec les institutions provisoires et de mettre plus que jamais en oeuvre les Normes pour le Kosovo.

« La Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo, la MUNIK, est en train d'identifier et de traduire en justice ceux qui ont été directement impliqués dans la pire vague de violence qu'aie connue le Kosovo depuis 1999 », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Kosovo, Harri Holkeri qui s'adressait aujourd'hui à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.

Au total 19 personnes ont été tuées, des centaines blessées et 4000 résidents déplacés, a ajouté M. Holkeri fournissant des chiffres sur le nombre des personnes déplacées en augmentation par rapport aux précédentes évaluations. Il a précisé que ce chiffre était supérieur à celui des personnes déplacées revenues au Kosovo en 2003.

« Nous allons également identifier les dirigeants et ceux qui se trouvaient derrière la violence. Nous avons en cela le soutien de la vaste majorité de la population modérée quelle que soit son origine ethnique au Kosovo et dans la région », a-t-il déclaré.

Le gouvernement du Kosovo s'est engagé à financer l'effort de reconstruction, une initiative que le MUNIK appuie pleinement, a indiqué son chef, qui a toutefois insisté sur le fait que cet effort de reconstruction devait être exhaustif et satisfaire tous les besoins des communautés affectées.

« Simultanément nous nous sommes engagés, sous la conduite de l'UNESCO (l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) dans l'évaluation des dégâts des sites culturels avec pour objectif de restaurer le riche héritage culturel du Kosovo » a indiqué M. Holkeri.

« L'effort de reconstruction conduit par les Institutions provisoires d'administration autonome constitue la clé de voûte du processus de réconciliation qui doit être réel et durable », a ajouté le Représentant spécial de l'ONU qui a souligné que beaucoup restait à faire pour restaurer la confiance chez les communautés du Kosovo.

Selon M. Holkeri, les Normes pour le Kosovo, endossées par le Conseil de sécurité, sont « plus importantes que jamais » dans la mesure où « elles décrivent une société démocratique où le droit prévaut et où tous les citoyens sont protégés et peuvent constituer un guide pour le processus politique. »

« Quelques jours après la phase de violence, j'ai lancé avec le Premier Ministre Rexhepi le Plan d'application des Normes pour le Kosovo (...) lequel inclut de nouvelles actions prioritaires difficiles que doivent mener les institutions du Kosovo (...) dont la prise de sanctions contre les fonctionnaires et les dirigeants qui négligent de répondre à la violence ainsi que la condamnation publique des discours haineux », a-t-il ajouté.

Le Représentant spécial de l'ONU a également plaidé en faveur d'un soutien total de la communauté internationale aux institutions du Kosovo pendant la phase d'application des Normes et a indiqué que la MINUK allait renforcer son partenariat avec ces institutions.

« Ce partenariat est essentiel et sans lui, nous échouerons », a-t-il affirmé, précisant qu'il inclurait toutes les communautés et qu'il ne pouvait y avoir de Kosovo réellement multiethnique sans la participation de la communauté serbe. « C'est pourquoi les dirigeants du Kosovo doivent faire tout leur possible pour développer des contacts avec les Serbes et en retour les Serbes du Kosovo doivent rejoindre les institutions et entrer dans le processus politique. La seule façon d'avancer est l'intégration et non la ségrégation », a-t-il ajouté.

Abordant la réforme du gouvernement autonome local, qui est également une tâche essentielle à ses yeux mais qui repose sur un défi, M. Holkeri a indiqué que « nous devons renforcer les autorités locales, amenant ainsi la sécurité et le développement économique durable à l'ensemble des communautés tout en nous assurant que ce gouvernement local est fermement ancré dans la vision d'un Kosovo multiethnique conçu comme une seule et unique unité politique.

« Nous voulons que les partis politiques encouragent la réconciliation entre les communautés et s'interdisent de s'engager dans des politiques qui propagent la haine interethnique » d'ici aux élections générales qui auront lieu le 23 octobre prochain et peuvent s'avérer plus difficiles après les violences de Mars, a-t-il également déclaré, ajoutant que « seront alors élus les dirigeants du Kosovo qui conduiront le Kosovo vers le test le plus déterminant pour son avenir »

« L'année en cours et celle qui suit seront décisives pour l'avenir du Kosovo et de la région Ouest des Balkans. Les institutions provisoires du Kosovo et ses dirigeants politiques, avec le total soutien de la communauté internationale doivent se montrer à la hauteur de leurs tâches. Le défi à relever par le Kosovo est de devenir part à une Europe intégrée, stable et prospère, vivant en harmonie avec ses voisins », a affirmé le Représentant spécial de l'ONU.

 

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