Tchernobyl : de l'aide humanitaire à l'aide au développement

26 avril 2004
La centrale nucléaire de Tchernobyl

A l'occasion du 18ème anniversaire de l'accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl, l'ONU appelle la communauté internationale à rester mobilisée pour aider les populations affectées et, en transmettant le dossier au Programme spécialisé de l'ONU, cherche à aider la région à renouer avec le développement.

« Il y a 18 ans aujourd'hui, la centrale électrique de Tchernobyl a subi le pire accident nucléaire qu'ait connu le monde au cours de son histoire » a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général de l'ONU auquel le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Jan Egeland, a fait écho en parlant « d'accident nucléaire le plus grave jamais survenu. »

Depuis lors, les populations des régions affectées au Belarus, en Fédération de Russie et en Ukraine se sont retrouvées avec des terres agricoles inexploitables, ont été confronté à de graves difficultés économiques et à des problèmes de santé chroniques affectant en particulier les enfants, a rappelé le Secrétaire général.

« La communauté internationale doit réitérer ses efforts pour aider les populations des régions affectées », a de son côté exhorté Jan Egeland qui est également le Coordonnateur de l'ONU pour la coopération internationale en faveur de Tchernobyl. « Les conséquences de l'accident (…) sont tout simplement trop lourdes pour que les populations des zones contaminées puissent s'en sortir seules. Nous ne pouvons pas leur tourner le dos », a-t-il ajouté.

Près de 8,4 millions de personnes ont été exposées aux rayonnements. Une zone au diamètre de près de 150 000 Km, représentant la moitié de l'Italie, une surface agricole couvrant 52 000 km2, soit la taille du Danemark, ont été contaminées. Près de 400 000 personnes ont été relogées mais et ce sont environ six millions de personnes qui vivent aujourd'hui encore dans des zones affectées, indique un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), publié aujourd'hui.

Les conséquences de la stagnation économique et des retombées sanitaires dans ces régions sont très graves, poursuit l'agence. Dans certaines régions du Belarus par exemple, le nombre de cas de cancers de la thyroïde chez l'enfant a crû de plus de 100%.

Le Secrétaire général a réaffirmé la détermination des Nations Unies à faire en sorte que les besoins des populations de la région ne soient pas oubliés. Quant à OCHA, pour permettre aux régions touchées de renouer avec le développement et les rendre à nouveau autonomes, il a décidé de demander au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de se charger du suivi du dossier.

Kofi Annan exhorte pour sa part la communauté internationale à fournir « le soutien moral et financier nécessaires afin d'éviter aux communautés affectées de continuer à souffrir des effets de cette tragédie au cours des décennies à venir. »

 

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