Mobilisation à l'ONU contre ce qu'un responsable a décrit comme une opération de nettoyage ethnique au Soudan

2 avril 2004

Alors que le Conseil de sécurité a appelé à un cessez-le-feu humanitaire et que le Haut Commissariat aux droits de l'homme s'apprête à envoyer une mission d'enquête sur la situation dans la région, le Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU a décrit une action concertée de nettoyage ethnique, véritable politique de la terre brûlée qui se déroule actuellement dans la province du Darfour au Soudan.

« Nous sommes en train d'assister à une campagne organisée de déplacements forcés de la population qui affecte des zones entières », a indiqué aujourd'hui lors d'une conférence de presse Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU.

M. Egeland a indiqué à la presse qu'il recevait des informations pratiquement quotidiennes sur des « atrocités menées sur une grande échelle » et que ces attaques étaient principalement menées par les milices Djandjawids qui ciblaient les populations noires africaines de la région, en particulier les Fur, les Zaghawas et les Massalit.

Dans une déclaration à la presse faite par son Président pendant le mois d'avril, l'ambassadeur d'Allemagne, Gunter Pleuger, les membres du Conseil ont, informé au préalable par Jan Egeland, invité le Gouvernement soudanais et les groupes d'opposition à conclure un cessez-le-feu humanitaire et à trouver un règlement politique à leur différend.

Le Haut Commissariat aux droits de l'homme s'apprête à envoyer une mission d'enquête sur la situation dans la région du Darfour. Elle y rencontrera les réfugiés en provenant qui se trouvent actuellement au Tchad tandis que le Haut Commissariat a cherché à obtenir pour sa mission l'accès à la région elle-même.

« Etant donné l'urgence de la situation, le Haut Commissariat aux droits de l'homme espère pouvoir déployer sa mission dans les jours à venir », a indiqué aujourd'hui, son porte-parole, José Luis Diaz, à Genève, qui a exprimé à nouveau la préoccupation du Haut Commissaire aux droits de l'homme par intérim, Bertrand Ramcharan, sur la détérioration des droits de l'homme au Darfour d'où affluent les informations sur les violations systématiques des droits de l'homme.

M. Ramcharan a exhorté toutes les parties au conflit à mettre un terme immédiat à la violence et leur a demandé de laisser les travailleurs humanitaires accéder au Darfour.

José Luis Diaz a rappelé que, dès le 29 janvier, Bertrand Ramcharan avait demandé aux parties d'accepter que soit créée une commission internationale indépendante d'enquête sur la situation des droits de l'homme au Darfour.

En ce qui concerne la situation des réfugiés en provenance du Darfour, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU a lancé un appel à contributions de 30,1 millions de dollars qui permettraient de financer 14 projets soumis par sept agences de l'ONU. L'argent recueilli servirait à renforcer les capacités d'accueil des réfugiés et leurs communautés d'accueil.

Quant au Programme alimentaire mondial (PAM), il indique que la situation sur le terrain où 1,2 million de personnes ont besoin d'aide alimentaire, est tellement dangereuse qu'elle recourt de plus en plus aux moyens aériens pour larguer de la nourriture au Darfour.

 

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