L'AIEA ayant adopté deux résolutions sur l'Iran et sur la Libye, son directeur se rend à Washington

15 mars 2004

Après que le Conseil des gouverneurs de l'Agence pour l'énergique atomique ait adopté deux résolutions, l'une déplorant que l'Iran n'ait pas déclaré l'éventail complet de ses activités nucléaires, l'autre accueillant avec satisfaction les mesures prises par la Libye, l'Agence annonce que son directeur doit se rendre à Washington pour des réunions de travail auxquelles participera probablement le Président Bush.

Le directeur de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA), Mohamed El Baradai comme le Président Bush ont proposé de prendre des mesures visant à agir plus vigoureusement contre la prolifération nucléaire, formulant chacun de leur côté en février dernier, un ensemble de propositions à cet égard, rappelle le communiqué (en anglais) de l'AIEA.

« Je partage la préoccupation et le sentiment d'urgence exprimés par le Président Bush quand il s'agit de renforcer le régime de non-prolifération et le système mondial de sécurité », indiquait alors M. El Baradai.

Auparavant, pour boucler la réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA qui s'est achevée vendredi, Antonio Núñez García-Saúco, le représentant de l'Espagne, a demandé, comme le règlement l'y autorise, à procéder au vote sur la résolution sur l'Iran sans que la version amendée ait été distribuée à tous les Etats membres au minimum la veille du vote.

« Comme vous le savez, il continue à y avoir des points de vue divergents ainsi que des interprétations qui peuvent différer à exister concernant certains passages de cette résolution », a déclaré le Président selon les informations figurant dans un communiqué de l'agence.

« Je crois toutefois qu'il est temps de prendre une décision et d'abandonner la règle 31 du code de procédures, dans la mesure où ce texte est familier à un grand nombre d'entre vous et de telle sorte que nous puissions finir à temps », poursuit-il.

Le Conseil des gouverneurs a donc fini par adopter un texte sur l'Iran, qui tout en se félicitant de la signature par l'Iran d'un Protocole additionnel, l'exhorte à le ratifier au plus vite et insiste sur le fait que l'Iran s'est volontairement engagé à agir en accord avec les dispositions de ce protocole sans attendre la ratification.

Il déplore par ailleurs que l'Iran ait omis de signaler, dans sa lettre du 21 octobre dernier censée fournir l'éventail complet de ses activités nucléaires et la chronologie de ses activités de recherche et de développement, le fait qu'elle ait en sa possession les plans de centrifugeuses P-2 ainsi que les activités de recherche, de production et d'essais mécaniques, qu'elle a menées dans ce domaine.

Il reprend à son compte l'inquiétude exprimée par le directeur général sur le but poursuivi par l'Iran dans le cadre de ses expériences de production de plutonium 210 et sur l'usage qu'elle comptait en faire.

Il demande à l'Iraq d'agir de façon proactive et de prendre, de toute urgence, les mesures permettant de régler toutes les questions en suspens dont la contamination à l'uranium faiblement et hautement enrichie de l'atelier de l'usine électrique de Kalaye et du du site de Natanz, la nature et la portée de la recherche iranienne en matière d'enrichissement isotopique au laser et enfin la question des expériences menées sur la production de plutonium 210.

Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA repousse l'examen des progrès effectués dans le cadre des vérifications des déclarations de l'Iran et toute décision sur « la façon de réagir aux omissions constatées » à sa réunion de juin prochain.

Par contraste, dans sa résolution sur l'application par la Libye de son accord de garanties au titre du TNP (Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires), le Conseil note bien, dans son préambule, que, pendant une longue période, la Libye a contrevenu dans le passé à ses obligations au titre de l'accord de garanties et a acquis des documents lui permettant de concevoir et fabriquer des armes nucléaires, mais applaudit à la décision de la Libye de se débarrasser, de façon vérifiable par l'agence de toutes les matières, équipements et programmes amenant à la production d'armes nucléaires.

Le Conseil des gouverneurs apprécie la coopération active et la transparence dont a fait preuve la Libye, rappelle avec satisfaction son approbation d'un Protocole additionnel et exhorte tous les pays tiers à coopérer étroitement avec l'agence et de lui apporter les clarifications dont elle peut avoir besoin.

 

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