Le maintien d'une version réduite de la Mission de l'ONU au Timor-Leste recommandé ce matin au Conseil

Le maintien d'une version réduite de la Mission de l'ONU au Timor-Leste recommandé ce matin au Conseil

La situation encore fragile au Timor-Leste requiert le maintien de la MANUTO, la Mission de l'ONU dans le pays sous une forme réduite à 310 militaires, dotés de moyens aériens et de personnel d'appui, pour une année supplémentaire considérée comme une phase de consolidation, a expliqué ce matin le chef des opérations de maintien de la paix au Conseil de sécurité.

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean Guéhenno, avant d'en venir à la présentation au Conseil de sécurité, du rapport du Secrétaire général, a donné en exemple un cas récent qui lui semblait à même d'illustrer la fragilité de la sécurité dans le pays. Le 29 janvier, a-t-il indiqué, des villageois en provenance du Timor occidental sont entrés au Timor-Leste, ont brûlé quelques bâtiments aux abords du village et ont semble-t-il volé du bétail.

« L'appel lancé en faveur d'un appui qui se prolongerait au-delà du 20 mai 2004 a quelque chose de paradoxal en raison des progrès remarquables qui ont déjà eu lieu », a déclaré M. Guéhenno. « Il est facile d'oublier que ce pays a pris forme en moins de cinq ans, à peine le temps nécessaire d'obtenir un diplôme universitaire dans de nombreuses facultés. »

« Il y a toutefois une limite à ce qui peut être réalisé en un aussi court laps de temps et le Timor-Leste, le plus pauvre des pays de l'Asie du Sud-Est, continue à être confronté à des difficultés suffisamment significatives pour qu'il requière une assistance internationale.

M. Guehenno a par conséquent défendu la conclusion à laquelle était arrivé le Secrétariat de l'ONU et qui est reflété dans le rapport du Secrétaire général sur la question. « La présence d'une opération de maintien de la paix, pendant une phase de consolidation d'une année supplémentaire, est essentielle au renforcement de ce qui a été réalisé à ce jour », a-t-il affirmé.

Les recommandations ont été faites à la suite d'un processus en deux étapes. La première qui consistait à déterminer des tâches dans les termes les plus concrets, a mis en évidence des lacunes cruciales des capacités timoraises susceptibles de menacer la stabilité et la sécurité du pays. La seconde étape, a expliqué M. Guéhenno, a consisté à rechercher, par rapport aux lacunes décelées, la nature de l'aide que pouvait apporter la MANUTO. « La plupart du temps, a-t-il précisé, il s'agissait d'activités de conseil et lorsqu'un rôle opérationnel a été envisagé, nous nous sommes assurés que nous pouvions nous en acquitter efficacement ».

D'un effectif maximum autorisé de 8 950 soldats, 200 observateurs militaires et 1 640 agents de police civile lors de sa création en 1999, la MANUTO avait fait l'objet d'une réduction progressive de ces effectifs jusqu'à atteindre un maximum autorisé de 1 750 à la fin 2003.

Ce que propose le Secrétaire général dans son rapport et qui a été redemandé ce matin par le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, est de maintenir pour encore un an, une présence militaire de 310 éléments, dotés de moyens aériens et d'éléments d'appui.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération du Timor-Leste, Jose Ramos-Horta, a souligné que la frontière terrestre (entre le Timor-Est et le Timor oriental indonésien )continuait à être poreuse et que, tout en reconnaissant la bonne volonté de l'Indonésie en ce qui concernait la démarcation et les réfugiés, il ne pouvait que noter que les deux parties n'avaient pas réussi par trois fois à conclure un accord. Il s'est dit confiant cependant dans la capacité des parties de régler la question du tracé de la frontière.

Il a toutefois indiqué que la paix, tout comme les institutions judiciaires et de maintien, étaient encore fragiles et que son Gouvernement avait écrit au Secrétaire général pour lui demander de maintenir une présence de maintien au Timor-Leste, qu'il considère comme la meilleure garantie contre un retour de l'instabilité. Mieux vaut être trop prudent que pas assez, a-t-il déclaré, estimant toutefois que d'ici à la fin 2005, ces responsabilités pourraient être assumées par son pays.