Angkor sauvé, l'action de sauvegarde s'oriente vers des projets favorables au développement, indique l'UNESCO

Angkor sauvé, l'action de sauvegarde s'oriente vers des projets favorables au développement, indique l'UNESCO

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Une fois résolus les problèmes les plus graves qui menaçaient le site khmer, le Programme Angkor a décidé de poursuivre son action en appuyant des projets favorisant le développement du pays. Une démarche qui pourrait servir d'exemple à la restauration d'autres sites historiques tel que Bamiyan en Afghanistan ou l'héritage mésopotamien en Iraq, indique l'agence de l'ONU pour la culture.

Dix ans après le début de la campagne de sauvegarde d'Angkor au Cambodge, une centaine de projets de restauration et de développement ont été menés à bien, 25 000 mines anti-personnel, dont 3 000 dans les sites archéologiques, et 80 000 munitions explosives ont été neutralisées, indique un communiqué de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) publié aujourd'hui qui précise que la communauté internationale a investi à cet effet plus de 50 millions de dollars.

« Ce que nous a appris cette décennie et tout ce qu'elle peut encore nous apprendre, devrait servir de modèle pour la réhabilitation d'autres sites historiques en situation de post-conflit - tel que Bamiyan en Afghanistan ou l'héritage mésopotamien en Iraq - qui ont enduré abandon, destructions gratuites et dévastations de la guerre », a souligné le directeur général de l'UNESCO, Koïchiro Matsuura.

La deuxième Conférence intergouvernementale pour la sauvegarde et le développement durable d'Angkor, réuni à Paris du 14 et 15 novembre, a décidé d'appuyer des projets qui, à côté de la sauvegarde archéologique et architecturale à laquelle continuent de participer des équipes de France, du Japon, d'Allemagne, d'Italie, d'Inde et de Chine, bénéficient directement à la population locale.

Parmi ces projets, une quarantaine au total, on peut souligner la restauration du temple de Phnom Bakheng (Xe siècle), le plus menacé d'Angkor, la création d'un laboratoire central de conservation du patrimoine, la signalétique des monuments, l'étude d'un schéma directeur d'alimentation en eau potable de tous les habitants de la zone, l'amélioration des conditions sanitaires et la réhabilitation du pont proche du temple de Takeo sur la rivière Siem Reap.

Un des défis à relever réside dans la gestion du flux massif de visiteurs : plus de 300 000 en 2003 et en croissance de près de 30 % par an. La Déclaration de Paris, adoptée à l'issue de la Conférence, reconnaît « la nécessité de développer dans la zone de Siem Reap / Angkor, un tourisme éthique et durable qui puisse devenir un outil de lutte contre la pauvreté. »

Un aspect original des projets internationaux du Programme Angkor - tant les projets passés que ceux à venir - réside dans le fait qu'ils incluent un volet formation, ce qui permet au Cambodge de se doter d'un personnel national formé à la gestion et à la conservation du patrimoine culturel, personnel qui avait complètement disparu durant les sombres années des khmers rouges, indique le communiqué de l'UNESCO.

Principal point d'attraction du pays, Angkor a été la capitale de l'empire khmer entre le IXème et le XVème siècle. Véritable parc archéologique de 401 km2, il contient une concentration exceptionnelle de monuments présentant un intérêt religieux, historique, artistique ou humain. Outre les temples d'Angkor Vat, mondialement connus, il existe une quarantaine d'autres édifices d'époques et de styles différents.

L'UNESCO a inscrit le site en 1992 « de façon urgente et simultanée » sur la Liste du patrimoine mondial et sur celle du patrimoine mondial en péril.