La Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire prolongée de trois mois

13 novembre 2003

Arguant des "défis" qui continuent à se poser à la sécurité dans le pays, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé ce matin à l'unanimité de renouveler jusqu'au 4 février prochain la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, tout en envisageant le renforcement de la présence de l'ONU.

Arguant des « défis » qui continuent à se poser à la sécurité dans le pays, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé ce matin à l'unanimité de renouveler jusqu'au 4 février prochain la Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, tout en envisageant le renforcement de la présence de l'ONU.

En décidant ce matin de renouveler pour trois mois la Mission politique spéciale des Nations Unies en Côte d'Ivoire (MINUCI), le Conseil de sécurité a pris en compte « la persistance de défis pour la stabilité de la Côte d'Ivoire » et le fait que « la situation en Côte d'Ivoire constitue une menace à la paix et à la sécurité internationales dans la région. »

Il demande par ailleurs au Secrétaire général, Kofi Annan de lui présenter d'ici au 10 janvier 2004 un rapport sur la MINUCI qui étudiera la possibilité d'un renforcement de la présence des Nations Unies en Côte d'Ivoire.

Dans les considérants de la résolution 1514 qu'il vient d'adopter, il souligne également « l'importance de l'engagement du Gouvernement de réconciliation nationale à redéployer l'administration sur l'ensemble du territoire de la Côte d'Ivoire » et rappelle à toutes les parties ivoiriennes leur obligation d'y contribuer positivement.

Il y réaffirme « la nécessité pour le Gouvernement de réconciliation nationale de s'engager dans la mise en oeuvre complète et immédiate du Programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), y compris le démantèlement des milices, et de la restructuration des forces armées. »

Le Conseil était saisi du dernier rapport du Secrétaire général dans lequel celui-ci recommandait de prolonger la présence de l'ONU dans l'attente de la tenue d'une réunion entre toutes les parties à l'accord de Linas-Marcoussis, organisée grâce à l'entremise de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO). Un accord y serait recherché incluant l'acceptation par toutes les parties du Gouvernement de réconciliation nationale tel qu'il a été constitué à la suite de la nomination le 12 septembre des Ministres de la défense et de la sécurité, la réintégration immédiate des Forces nouvelles au sein du Gouvernement et le rétablissement immédiat de l'autorité de l'État dans tout le territoire de la Côte d'Ivoire.

Le rapport du Secrétaire général décrit par ailleurs une situation inquiétante dans un contexte de renversement à la baisse de l'économie qui a enregistrée une croissance négative de - 1,2 % en 2002 et une baisse de 17,8 % de sa production industrielle au cours du premier semestre de 2003.

« Bien que le cessez-le-feu tienne toujours et qu'aucun nouvel affrontement n'ait eu lieu entre les FANCI [Forces Armées nationales de Côte d'Ivoire] et les Forces nouvelles, il existe un grave danger de dégradation de la sécurité précaire en Côte d'Ivoire si le blocage actuel se poursuit encore longtemps », y est-il indiqué.

« Déjà, dans les provinces du nord contrôlées par les Forces nouvelles, des éléments armés 'incontrôlés' ont récemment multiplié les actes de violence qui paraissent avoir déclenché une anarchie générale. Les soldats des Forces nouvelles qui n'ont pas reçu leur solde survivent en rançonnant la population aux postes de contrôle disséminés dans le nord. Récemment, des raids auraient été menés contre des villages par des combattants en quête de nourriture et d'argent », indique notamment le rapport.

 

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