Composante dynamique des opérations de la paix, le déminage étudié ce matin par le Conseil de sécurité

13 novembre 2003

Les activités de déminage, qui deviennent de plus en plus souvent partie intégrante des opérations multidimensionnelles de maintien de la paix, en sont une composante dynamique, a expliqué ce matin un responsable de l'ONU devant le Conseil de sécurité.

Au cours de son intervention devant le Conseil de sécurité ce matin le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, a signalé les progrès remarquables accomplis ces dernières années en matière de déminage, secteur dans lequel, a-t-il souligné, le Service de la lutte antimines de l'ONU, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l'UNICEF sont les principaux acteurs.

« Le déminage est une composante dynamique des opérations de la paix », a-t-il affirmé, indiquant qu'il s'agissait également d'un élément important de rétablissement de la confiance.

« En Afghanistan où le Service de la lutte antimines de l'ONU gère le plus important programme de déminage du monde, la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a appris que le déminage était à la fois un impératif humanitaire et une condition préalable à la reconstruction », a souligné M. Guéhenno qui a indiqué que, malgré l'ampleur de la tâche, elle n'en serait pas moins accomplie, à financement constant, d'ici à 2007.

Il a attiré l'attention sur les avantages qu'il pouvait y avoir à faire participer les anciens combattants aux opérations de déminage, comme le fait la MANUA, dans le cadre de programmes de désarmement-réintégration, ce qui leur procure une formation au déminage et leur permet de devenir économiquement auto-suffisants.

Les troupes de maintien de la paix peuvent avoir un rôle important à jouer dans les opérations de déminage comme cela a récemment été démontré par la Mission de l'ONU en Ethiopie et en Erythrée, a poursuivi le Secrétaire général adjoint qui a toutefois suggéré au Conseil d'étudier la possibilité de demander aux pays contributeurs de troupes de former leurs forces de maintien de la paix au déminage.

M. Guéhenno a également souligné l'intérêt que présenterait l'adoption d'un instrument réglementant le déminage des munitions non explosées et des autres déchets de guerre explosifs. Il a estimé que les droits des victimes survivantes des mines devraient être pris en compte dans le nouvel instrument sur les droits des handicapés, actuellement en discussion à l'Assemblée générale.

Le directeur du Centre international de déminage humanitaire de Genève, Martin Dahinden, qui est également intervenu ce matin devant le Conseil, a insisté sur l'intérêt que présentait les Normes internationales pour les opérations de déminage humanitaire, élaborées par le Centre.

Le recours systématiques à ces normes dans le cadre d'opérations de maintien de la paix permettrait une meilleure interaction entre les unités du génie des nations contributrices de troupes et apporterait la garantie de ne pas avoir à repasser dans les secteurs déjà déminés, a fait observer M. Dahinden.

Il a également insisté sur le fait que l'expérience de la pénétration des champs de mines acquise par les militaires ne pouvaient être directement transposée aux activités de déminage humanitaire.

 

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