Conseil de sécurité : l'ONU pourrait renforcer sa présence en Côte d'Ivoire

24 novembre 2003

Mettant en garde contre une dégradation de la situation susceptible de replonger la Côte d'Ivoire dans la guerre, le Secrétaire général de l'ONU a évoqué devant le Conseil de sécurité la possibilité de renforcer la présence de l'ONU dans le pays, une solution à laquelle la Communauté des Etats de l'Afrique de l'Ouest est favorable.

"Certaines indications font penser que la situation dans les provinces du Nord contrôlées par les Forces nouvelles est en train de dégénérer et de plonger le secteur dans les désordres. La tension entre les Forces nouvelles et les Forces armées nationales ne cesse de monter", a mis en garde Kofi Annan devant les 15 membres du Conseil de sécurité auxquels s'étaient joints le Ministre des affaires étrangères du Ghana, Nana Akufo et le Secrétaire exécutif de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Mohamed Ibn Chambas.

"Les Forces nouvelles ont déclaré l'état d'urgence dans les zones qui sont sous son contrôle et elles accusent le Président Gbagbo de préparer une attaque contre leurs positions. Le danger que la Côte d'Ivoire glisse à nouveau dans un conflit est bien réel", a encore ajouté Kofi Annan.

Demandant la pleine application des accords de Linas-Marcoussis, le Secrétaire général a lancé un appel aux Forces nouvelles pour qu'elles rejoignent le Gouvernement de réconciliation nationale, constitué dans le cadre de ces accords.

Kofi Annan a également réclamé la dissolution des milices, le cantonnement et le désarmement des groupes armés et l'adoption par l'Assemblée nationale des réformes proposées par le gouvernement. « Il faut mettre fin à la partition du pays », a-t-il également affirmé.

Le Secrétaire général a par ailleurs indiqué qu'il allait envoyer une mission dans le pays pour définir les moyens par lesquels la Mission de l'ONU sur place pourrait contribuer au retour de la paix et n'a pas exclu un possible renforcement de la présence de l'ONU dans le pays.

Le ministre des Affaires étrangères du Ghana qui s'exprimait au nom de la CEDEAO a indiqué que le rassemblement des Etats Ouest-africains continuerait à collaborer avec les forces françaises dans le cadre de l'« Opération Licorne » visant à sécuriser la ligne de séparation entre les belligérants. Il a toutefois suggéré que l'ONU crée une opération de maintien de la paix dans laquelle seraient intégrées les troupes de la CEDEAO.

Quant à M. Ibn Chambas, il a insisté sur les dimensions sociale et économique de la crise ivoirienne. Deuxième économie de la sous-région de la CEDEAO après le Nigeria, la Côte d'Ivoire qui, à elle-seule, représente environ 13% du PNB de l'Afrique de l'Ouest, dominait jusqu'au début de la crise, le commerce intra-régional de la CEDEAO et jouait un rôle de pays d'accueil d'un nombre important de travailleurs originaires d'autres pays de la région, a-t-il souligné.

Autant de raisons pour faire du retour à la stabilité en Côte d'Ivoire un impératif pour toute la région, a fait valoir le Secrétaire exécutif de la CEDEAO.

 

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